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Ce que vous devez savoir sur LES PROTHESES DU GENOU
(deuxième partie)

Pr. J.P. MEYRUEIS

 

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  • Prothèses Tricompartimentales

Elles remplacent la totalité des surfaces articulaires du fémur, du tibia et de la rotule. Elles sont utilisées plus fréquemment que les prothèses unicompartimentales.

Description :

Les prothèses tricompartimentales sont formées de trois implants différents :

La prothèse fémorale qui va être soumise à d’importantes forces de frottement et qui est le plus souvent en alliage chrome-cobalt (dans ces conditions mécaniques cet alliage est celui qui est le mieux toléré).

La prothèse tibiale  qui comprend elle même deux parties:

  • un plateau métallique horizontal, le plus souvent en titane pour des raisons d’élasticité, ancré dans le tibia.

  • un plateau en polyéthylène amovible que l’on fixe dans le plateau métallique.

La prothèse de la rotule qui recouvre la face postérieure de cet os. Pendant une certaine période elle comportait une partie métallique cimentée dans l’os sur laquelle était fixée une zone de frottement en polyéthylène. L’expérience a montré qu’il fallait éliminer ce type de prothèse car le polyéthylène coincé entre deux surfaces métalliques s’usait rapidement. Les chirurgiens sont revenus à une prothèse rotulienne entièrement en polyéthylène. Certains ne mettent pas de prothèse de rotule et se contentent des prothèses fémorale et tibiale.

Classification :

Il existe à l’heure actuelle deux grands types de prothèses tricompartimentales :

  • les prothèses à polyéthylène fixe, parmi lesquelles on distingue :
    • les prothèses dites postéro stabilisées,
    • les prothèses avec conservation du ligament croisé postérieur,
    • les prothèses avec conservation des deux ligaments croisés (leurs indications sont rares car le croisé antérieur est généralement en mauvais état. La mise en place de ce type de prothèse est difficile et elles sont peu utilisées),
  • les prothèses à polyéthylène mobile.

Les prothèses dites postéro-stabilisées

Elles nécessitent la suppression des deux ligaments croisés et furent les premières utilisées. La plus connue est la prothèse d’Insall-Burstein dont le modèle le plus simple figure en tête de cet article et ci-contre. Le plateau en polyéthylène comporte au centre une saillie qui va empêcher le tibia de reculer, remplaçant ainsi le ligament croisé postérieur.

Cette prothèse a maintenant plus de 20 ans de recul. Compte tenu des résultats remarquables qu’elle permet d’obtenir, de nombreux chirurgiens, déçus par les résultats de modèles plus récents, sont revenus à elle ou à des modèles qui s’en sont largement inspiré comme la prothèse HLS de Dejour.

Les prothèses avec conservation du ligament croisé postérieur

Elles nécessitent le sacrifice du ligament croisé antérieur et la conservation du ligament croisé postérieur. Leur mise en place exige plus de précision afin d’obtenir une tension exacte de ce ligament. De ce fait le risque d’erreur et de mauvais résultats est plus important. Avec le temps on assiste parfois à une distension du ligament croisé postérieur et à l’apparition d’une laxité postérieure. Dans certaines positions, le patient éprouve des problèmes de stabilité. Ces prothèses ont connu une grande vogue avec la prothèse de Miller-Galante. Compte tenu de ses résultats à long terme elle a été pratiquement abandonnée. D’autres prothèses conservant le même principe sont toujours utilisées.

En fait l’idéal est de pouvoir choisir en cours d’intervention la conservation du croisé postérieur ou la postéro-stabilisation.

Ci-dessus : Plateaux polyéthylène de prothèses tricompartimentales à polyéthylène fixe.
A gauche plateau d’une prothèse avec conservation du ligament croisé postérieur qui se loge dans l’échancrure arrière
A droite prothèse postéro-stabilisée avec sa butée centrale qui empêche le recul du tibia, en venant buter sur la prothèse fémorale.

Les prothèses à polyéthylène mobile

Depuis une vingtaine d’années la prothèse New-jersey utilise un principe original de rotation libre du polyéthylène de la prothèse tibiale sur le plateau métallique de la même prothèse. L’intérêt de ce type de prothèse est de faciliter les mouvements de rotation qui accompagnent normalement la flexion et l’extension du genou. Par ailleurs les contraintes rotatoires menacent moins la fixation a long terme de la prothèse tibiale.

La prothèse New-jersey a donné d’excellents résultats à long terme. Un brevet a empêché la généralisation du système jusqu'à ces dernières années. Ce brevet est maintenant dans le domaine public, ce qui explique l’adoption rapide de ce principe sur un très grand nombre de prothèses.

Le principe du plateau mobile est adaptable aussi bien aux prothèses postéro-stabilisées qu’aux prothèses conservant le croisé postérieur.

Indications :

Les prothèses tricompartimentales constituent actuellement le meilleur recours pour le traitement des arthroses évoluées étendues et les destructions de l’articulation par la polyarthrite rhumatoïde ou d’autres rhumatismes inflammatoires.

Résultats :

Les résultats de ces prothèses sont globalement bons dans 85 % des cas.

Dans environ 90% des cas les patients n’ont plus de douleurs ou une douleur très modérée. La mobilité s’améliore pendant un an après l’intervention. Dans la majorité des cas la flexion atteint 90°, ce qui est indispensable pour monter et descendre normalement les escaliers. Elle atteint souvent 120°, parfois même 130°.

  • LES PROTHESES DE REPRISE

Lorsque les ligaments sont totalement détruits ou lorsque les destructions osseuses sont trop importantes, le chirurgien peut être amené à utiliser des prothèses de reprise comportant de longues tiges fixées avec ou sans ciment dans le canal diaphysaire du fémur et du tibia.

Ces prothèses sont des améliorations des anciennes prothèses à charnière. Elles sont le plus souvent associées à des greffes osseuses.

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