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FIXATION DES PROTHESES DE
HANCHE
Les premières prothèses furent posées sans fixation particulière, par simple encastrement. Si cela était envisageable
pour les prothèses céphaliques que la queue stabilisait plus ou moins bien, il n'était pas question d'envisager un
cotyle prothétique sans un procédé efficace de fixation.
C'est l'introduction par J. CHARNLEY du méthacrylate de méthyle comme ciment qui a permis le développement des
prothèses totales de hanche.
Le ciment est introduit à l'état pâteux et se solidifie en une dizaine de minutes.
Pendant 15 ans environ ce mode de fixation fut le seul utilisé. L'expérience montre qu'une douzaine d'années après
la mise en place de la prothèse cimentée, le nombre de défaillances de la fixation, c'est à dire de descellements,
augmente assez rapidement.
Pour renforcer le ciment, par analogie avec le ciment armé, il est possible d'utiliser une armature métallique dans
le ciment du cotyle. Un recul de 10 à 15 ans permet d'affirmer que cette technique entraîne une amélioration
indiscutable des résultats.
C'est encore Robert JUDET qui proposa vers le milieu des années 1970 la première véritable fixation sans ciment.
Les deux parties de sa prothèse étaient recouvertes d'un métal poreux dans lequel l'os repoussait.
Différentes surfaces permettant la repousse directe de l'os ont été et sont toujours utilisées, telles que les
billes ou des fibres métalliques.
Un vissage direct de la prothèse que cela soit au niveau du cotyle ou du fémur a été choisi par certaines
équipes chirurgicales.
Cette technique a été abandonnée car l'expérience a montré qu'au bout de quelques années les cotyles avaient
tendance à se dévisser. Au niveau du fémur le vissage direct de la queue entraîne une déminéralisation importante
de l'os voisin.
En 1985 W. HARRIS mit au point un cotyle prothétique sans ciment, recouvert de fibres de titane et fixé par des vis,
ou dans certains cas par simple encastrement en force. Ce cotyle est actuellement très largement utilisé. Avec un
recul de 15 ans il donne de meilleurs résultats que tous les cotyles cimentés.

La tendance de ces dernières années était d'encastrer ces cotyles en force, sans vis. Cependant les résultats à long
terme, que viennent de confirmer les dernières statistiques américaines, montrent que la fixation complémentaire par vis
donne de meilleurs résultats que le simple encastrement en force.
Le cotyle prothétique sans ciment, comportant une coquille prothétique métallique et à l'intérieur une cupule en
polyéthylène ou en céramique, est certainement le cotyle le plus utilisé à l'heure actuelle.
Le principe des revêtements de surface ostéoconducteurs des prothèses est apparu en 1986. Le principe est
simple : On projette (par une torche à plasma) une fine couche (150 microns en moyenne) d'hydroxyapatite qui vient se
fixer à la surface des prothèses. L'hydroxyapatite est un composant minéral de l'os qui peut être fabriqué chimiquement.
L'os voisin identifie l'hydroxyapatite comme un de ses constituants et repousse rapidement sur le revêtement et donc sur
la prothèse.

Avec un recul qui dépasse maintenant dix ans les revêtements ostéoconducteurs apparaissent comme le meilleur procédé
de fixation des prothèses de hanche, aussi bien au niveau du fémur qu'au niveau du cotyle. Pour celui-ci nous
préconisons actuellement une coquille métallique, fixée par encastrement modéré ainsi que par des vis, et comportant
un revêtement ostéoconducteur.
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