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"Il existe, à mon avis, deux organes inutiles : la prostate et le Président de la République". Ce n'était qu'une
boutade de George Clémenceau qui ne pouvait ignorer, en tant qu'homme politique, que la république a besoin d'un
Président et en tant que Docteur en médecine que l'homme a besoin de sa prostate.
Cet organe mystérieux parce que profond et caché, ne fait parler de lui que lorsqu'il est malade, à tel point que
certains patients l'assimilent à une maladie : "Docteur, j'ai la prostate !".
Tous les hommes ont une prostate, organe géniteur se manifestant à chaque éjaculation puisque générateur du liquide
prostatique, véhicule des spermatozoïdes issus des testicules.
Sans prostate pas de procréation et malheureusement, sans prostate, après son ablation complète, pas d'érection, non pas
du fait de l'absence de l'organe, mais du fait de la destruction par le chirurgien des structures vasculaires et surtout
nerveuses qui commandent l'érection. C'est le cas lorsque l'on pratique une prostatectomie totale, dite radicale, pour
un cancer localisé à la glande.
A l'opposé, après une intervention chirurgicale ou endoscopique pour une tumeur bénigne (adénome) responsable de troubles
mictionnels (troubles urinaires), les érections ne sont pas modifiées mais les éjaculations disparaissent : elles sont
rétrogrades, se faisant dans la vessie, conséquence de l'agression d'un des sphincters responsable de la continence (qui
se ferme lors de l'éjaculation normale).
Ces tableaux illustrent bien l'utilité de la prostate, que l'on peut considérer comme un organe de la reproduction.
Malheureusement, si la prostate saine "est capable du meilleur", la prostate malade "est capable du pire" ! Elle peut
tuer (le cancer de la prostate est au 2éme rang de la morbidité chez l'homme) et elle peut empoisonner la vie du porteur
d'un adènome (tumeur bénigne). C'est ce qui se passe lorsque l'on "a la prostate". Cela signifie le plus souvent qu'il
existe une augmentation de volume de la glande, au sein de laquelle s'est développé un adénome. La prostate siégeant
autour de l'urètre (canal évacuateur de la vessie), l'urine trouve un obstacle à sa sortie et les troubles urinaires
apparaissent : envies fréquentes, difficultés à uriner, diminution de la puissance du jet. Tous ces troubles aboutissant
à la rétention d'urines, c'est-à-dire l'impossibilité douloureuse d'évacuer une vessie pleine "Pisser ou mourir !".

Traitements médicamenteux (plantes ou substances chimiques) et surtout adénomectomie chirurgicale ou endoscopique
rétablissent des "mictions accomplies" selon un prostatique célèbre, le Général de Gaulle, opéré le 17.04.1964 par le
Professeur Aboulker.
Résumons-nous : la prostate n'est pas une maladie, c'est un organe non pas vital mais indispensable à la transmission de
la vie, une "déesse de la fécondité" ...
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