Vous êtes hospitalisé pour un accident cardiaque. On vient de vous annoncer que vous avez fait ou
que vous avez failli faire, un ifarctus du myocarde, ou encore que vous avez de l'angine de poitrine. L'annonce de ce
diagnostic a pu vous inquiéter. Vousvous posez de nombreuses questions concernant notamment le risque qu'implique cette
maladie et ce que sera votre avenir.
L'annonce de votre maladie cardiaque et l'émotion qu'elle vous a causée, doivent être pour vous l'occasion d'un
changement d'un mode de vie, pour éviter les erreurs que vous avez pu faire par le passé. Loin d'être une tragédie, cet
incident peut être une chance de vous reprendre en main pour préserver votre avenir.
Le coeur est un puissant muscle creux composé de deux pompes fonctionnant en parallèle : le coeur droit et le coeur gauche :
- le coeur droit reçoit le sang veineux de l'organisme et l'éjecte dans la circulation pulmonaire, où grâce aux
échanges gazeux, le sang s'enrichit en oxygène, s'appauvrit en gaz carbonique et se transforme en sang artériel,
- le coeur gauche plus volumineux reçoit ce dernier et l'éjecte dans l'aorte sous une forte pression (pression
artérielle) permettant d'irriguer l'ensemble du corps.

Le muscle cardiaque (myocarde) se contracte (systole) 50 à 80 fois par minute au repos et plus fréquemment encore à
l'effort ou lors d'émotion.
L'énergie nécéssaire à la contraction de chacune des fibres musculaires et de l'ensemble du myocarde est apportée avant
tout par l'oxygène délivré par les artères coronaires. Le système artériel coronaire est à même de couvrir les besoins en
oxygène du myocarde et de s'adapter aux besoins supplémentaires qui naissent à l'occasion de réactions émotionnelles ou
d'efforts. Les artères coronaires qui vascularisent le myocarde constituent un réseau très riche en nombreuses
ramifications qui naissent des trois principales branches : coronaire droite, inter-ventriculaire antérieure,
circonflexe.
L'insuffisance coronaire se manifeste lorsque les apports en oxygène du myocarde sont inférieurs aux besoins :
- la réduction transitoire de la circulation artérielle coronaire dans une région du coeur (ischémie) est alors
responsable d'une douleur thoracique (angine de poitrine).
- si l'interruption de la circulation artérielle coronaire est totale et durable, le territoire concerné est
détruit : c'est l'infarctus du myocarde (nécrose myocardique).

COMMENT CELA S'EST-IL PRODUIT ?
Bien que votre crise cardiaque soit apparue brutalement, elle est en fait causée par une maladie évoluant depuis
longtemps : l'athérosclérose c'est-à-dire le dépôt de graisses dans la paroi des artères coronaires qui constituent des
plaques d'athérome et rétrécissent progressivement la lumière artérielle. La constitution de ces plaques d'athérome est
lente et peut s'étaler sur des dizaines d'années, au cours desquelles la maladie coronaire pourra rester silencieuse.
A cela vient s'ajouter la possibilité de formation de caillot ou de spasme (contraction transitoire de l'artère réduisant
son calibre) qui explique le déclenchement brutal et apparemment inopiné de l'événement récent. La rupture de la plaque
peut survenir avant qu'elle soit très importante.

Entre la phase 2 et la phase 3, le délai peut varier de quelques semaines à 30 ans !
La rupture de la plaque n'entraîne pas toujours l'occlusion de l'artère et un infarctus, mais seulement des crises
d'angine de poitrine plus fréquentes et plus longues.
- Si la plaque est très importante elle réduit la lumière de l'artère de telle façon que le débit devient
insuffisant pour les besoins du myocarde qui en dépend. Selon la sévérité du rétrécissement, le patient éprouve une
douleur appelée angine de poitrine : si le rétrécissement est très sévère, la douleur survient au moindre effort
voire spontanément. Quand il est peu serré, il reste silencieux mais peut entraîner des modifications de
l'électrocardiogramme d'effort.
- la plaque peut rompre l'intima, couche interne de l'artère qui la sépare du sang circulant dans la lumière. Cette
rupture déclenche instantanément un afflux de plaquettes sanguines et un caillot se forme. S'il obstrue la totalité
de la lumière de l'artère, le territoire du myocarde sous-jacent commence à se détruire, c'est l'infarctus.
- la rupture survient souvent bien avant que la plaque ait rétréci notablement la lumière de l'artère. C'est ce qui
explique que plus de la moitié des infarctus survient sans avertissement ou après seulement 2 ou 3 crises
douloureuses dans les jours précédents.
- la rupture de plaque ne provoque pas toujours une obstruction complète de la lumière de l'artère, mais très
souvent les plaquettes du sang qui s'agglutinent à l'endroit où l'intima s'est rompu, fabriquent des substances qui
provoquent un spasme de l'artère. Ce spasme provoque des crises d'angine de poitrine spontanées sévères souvent
appelées "Angor de Prinzmetal". Ils sont observés presque toujours chez les fumeurs.
|