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APRES L'ACCIDENT CORONAIRE ... REDEMARREZ !
(Deuxième partie)

Source Fédération Française de Cardiologie

LES CONSEQUENCES

Deux situations assez différentes peuvent en découler :

  • 1) Cette rupture d'équilibre est transitoire.
    Elle entraîne l'angine de poitrine qu'il faut bien connaître. Le plus souvent cette rupture d'équilibre survient lors d'effort ou d'équivalent d'efforts, tels que les émotions fortes, l'alimentation trop abondande, l'exposition au froid, au vent ou le fait de se coucher dans un lit froid.
    Chacune de ces situations demande un surcroît de travail au coeur, ceci majore sa consommation d'oxygène et comme l'apport en est limité par le rétrécissement des artères coronaires, le coeur souffre temporairement.
    L'angine de poitrine se manifeste par une douleur à type de serrement, d'oppression voire de brûlure, d'intensité variable, siégeant dans la poitrine, derrière le sternum, irradiant parfois vers le bas, la mâchoire, le cou et les mains. Elle continue jusqu'à ce que le déséquilibre entre la demande et les apports en oxygène soit corrigé. Cette correction survient rapidement lorsque l'activité ou son équivalent cesse, ou lorsque le sujet prend un médicament spécifique : la trinitrine ou un de ses dérivés qui la fait rapidement disparaître (en moins d'une minute). L'angine de poitrine réapparaîtra si les circonstances déclenchantes se reproduisent.
    Les caractères de l'angine de poitrine peuvent se modifier. Les douleurs peuvent devenir plus fréquentes, plus longues, pour des efforts plus faibles, ou spontannées, non déclenchées par l'effort, voire moins sensibles à la trinitrine.
    Ceci constitue une aggravation de l'angine de poitrine qui devient "instable" et fait craindre la survenue d'un infarctus du myocarde. Cette aggravation peut être la conséquence d'une progression des lésions coronaires, d'une thrombose ou de spasmes coronaires. Elle nécessite un traitement rapide en milieu hospitalier, sous peine d'aboutir à un infarctus du myocarde.
    Cette période évolutive de la maladie, appelée en terme médical "syndrome de menace d'infarctus", se diagnostique par l'aggravation des symptômes, l'apparition transitoire ou prolongée d'anomalies à l'électrocardiogramme, enfin l'absence de libération du contenu des cellules myocardiques (enzymes cardiaques), dont l'apparition à un taux élevé dans le sang traduirait l'infarctus du myocarde. Sous traitement médical associé au repos, cette poussée évolutive de la maladie coronaire régresse le plus souvent.

  • 2) La rupture d'équilibre est prolongée.
    Cette situation peut survenir inopinément, ou être précédée par l'aggravation définie précédement. L'absence ou insuffisance prolongée d'apport de sang riche en oxygène à un niveau du muscle cardiaque entraîne une destruction définitive des cellules d'une zone limitée du coeur, qui constitue l'infarctus du myocarde.
    Qu'est ce qui déclenche cet infarctus ?
    Dans la majorité des cas, il s'agit de la conséquence de l'athérosclérose coronaire, qui réduit progressivement le diamètre d'une ou plusieurs artères. Quand le point critique est atteint, le sang n'arrive plus au niveau du muscle, ce qui provoque l'apparition brutale de l'infarctus du myocarde. La cause déclenchante immédiate pourrait être la constitution d'une thrombose ou l'apparition d'un spasme au niveau le plus rétréci d'une coronaire.
    Dans quelques cas, l'infarctus survient sans qu'il y ait d'athérosclérose coronaire marquée. Là encore, il est déclenché par une thrombose ou un spasme coronaire. Ceci peut arriver notamment chez des sujets jeunes. Le rôle du tabac dans ces cas est quasi constant.
      
    Quel que soit le mécanisme de l'infarctus, le diagnostic va reposer sur un certain nombre d'éléments :
      - la douleur, en général plus intense, plus diffuse que dans l'angine de poitrine, ne cédant pas au repos, ni après prise de trinitrine, et prolongée ;
      - elle s'accompagne souvent d'essoufflement, de malaises, de troubles digestifs, de fatigue intense, de sueurs ... Ces signes font suspecter la survenue d'un infarctus du myocarde. Vous devez alors stopper toute activité et appeler un service d'urgences médicales qui commencera votre traitement à domicile et procédera à votre hospitalisation.
     
    En effet, un diagnostic et un traitement précoce de l'infarctus sont fondamentaux, permettant au mieux de limiter la zone de nécrose myocardique, et de prévenir les complications. Parmi ces traitements, les thrombolytiques, administrés précocement (idéalement dans les deux premières heures suivant le début de la douleur), par voie veineuse, peuvent dissoudre le caillot responsable de votre infarctus, et ainsi limiter voire même parfois enrayer cet infarctus.
    C'est dire l'importance de la rapidité de prise en charge de cette urgence cardiaque, par appel du SAMU (15), des Pompiers (18), ou encore en composant le 112 (téléphone cellulaire), ces 3 numéros étant interconnectés. N'hésitez pas à noter les numéros d'appel d'urgence de votre localité, et placez-les près de votre téléphone, ainsi que ceux  de votre médecin traitant et de votre cardiologue.

QUE VA-T-IL ARRIVER ?

Si cet infarctus du myocarde est constitué, le muscle cardiaque va cicatriser en remplaçant la zone détruite par une plaque de fibrose ou tissu cicatriciel, très dure et solide. Cette cicatrisation va prendre en général un mois. Elle laisse dans la majorité des cas une portion du coeur non contractile, c'est-à-dire totalement immobile.

Parfois cette cicatrice est bombée, boursouflée, réalisant ce que l'on appelle un anévrisme cardiaque. Cette poche non contractile gêne le fonctionnement du coeur attenant, et peut entraîner des troubles du rythme cardiaque (extrasystole). Mais dans ces cas d'infarctus peu étendu, seule une zone limitée du coeur est atteinte et celui-ci continue son travail de pompe presque normalement.

Pendant la cicatrisation de l'infarctus, autours de la partie de l'artère coronaire occluse ou très rétrécie, va se développer une circulation collatérale. Les branches des artères non intéressées par l'occlusion vont se développer et prendre en charge la partie du muscle cardiaque qui était irriguée par l'artère qui vient de se boucher.

Ainsi malgré l'infarctus, les réserves du myocarde sain ou lésé mais revascularisé, permettent le plus souvent au coeur de faire face aux exigences de l'organisme. Au repos, c'est la règle, l'organisme tout entier n'a besoin que de 5 litres de sang à la minute qui sont facilement débités par le coeur même récemment infarci. Les problème est plus délicat à l'effort, le débit cardiaque pouvant augmenter à 15 litres à la minute chez un sujet au coeur sain mais totalement sédentaire et jusqu'à 42 litres à la minute chez un grand coureur de 1500 mètres. Le coeur récemment infarci ne peut évidemment faire face à un tel accroissement du débit cardiaque.

Heureusement, dans la vie courante, le coeur est utilisé à moins de 40% de ses possibilités maximales. Il reste donc une marge importante, une réserve entre les 5 litres par minute indispensables au repos et les possibilités d'augmentation du débit cardiaque à l'effort, dans la vie de tout les jours. Seuls les infarctus très étendus ou récidivants peuvent diminuer le débit cardiaque au point de provoquer des symptômes tels qu'essoufflement au moindre effort ou au repos.

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Source Fédération Française de Cardiologie
Texte : Professeur J.P. Broustet , Dr. A. Lavergne, Dr. J.F. Laffosse
Dr. C. Monpere, Dr. A. Pic, Dr. Ph. Sellier
Copyright Fédération Française de Cardiologie
50 rue du Rocher 75008 Paris