LES
CONSEQUENCES
Deux situations assez
différentes peuvent en découler :
1) Cette rupture
d'équilibre est transitoire.
Elle entraîne l'angine de poitrine qu'il faut bien connaître. Le plus
souvent cette rupture d'équilibre survient lors d'effort ou d'équivalent d'efforts, tels
que les émotions fortes, l'alimentation trop abondande, l'exposition au froid, au vent ou
le fait de se coucher dans un lit froid.
Chacune de ces situations demande un surcroît de travail au coeur, ceci majore sa
consommation d'oxygène et comme l'apport en est limité par le rétrécissement des
artères coronaires, le coeur souffre temporairement.
L'angine de poitrine se manifeste par une douleur à type de serrement, d'oppression voire
de brûlure, d'intensité variable, siégeant dans la poitrine, derrière le sternum,
irradiant parfois vers le bas, la mâchoire, le cou et les mains. Elle continue jusqu'à
ce que le déséquilibre entre la demande et les apports en oxygène soit corrigé. Cette
correction survient rapidement lorsque l'activité ou son équivalent cesse, ou lorsque le
sujet prend un médicament spécifique : la trinitrine ou un de ses dérivés qui la fait
rapidement disparaître (en moins d'une minute). L'angine de poitrine réapparaîtra si
les circonstances déclenchantes se reproduisent.
Les caractères de l'angine de poitrine peuvent se modifier. Les douleurs peuvent devenir
plus fréquentes, plus longues, pour des efforts plus faibles, ou spontannées, non
déclenchées par l'effort, voire moins sensibles à la trinitrine.
Ceci constitue une aggravation de l'angine de poitrine qui devient "instable" et
fait craindre la survenue d'un infarctus du myocarde. Cette aggravation peut être la
conséquence d'une progression des lésions coronaires, d'une thrombose ou de spasmes
coronaires. Elle nécessite un traitement rapide en milieu hospitalier, sous peine
d'aboutir à un infarctus du myocarde.
Cette période évolutive de la maladie, appelée en terme médical "syndrome de
menace d'infarctus", se diagnostique par l'aggravation des symptômes, l'apparition
transitoire ou prolongée d'anomalies à l'électrocardiogramme, enfin l'absence de
libération du contenu des cellules myocardiques (enzymes cardiaques), dont l'apparition
à un taux élevé dans le sang traduirait l'infarctus du myocarde. Sous traitement
médical associé au repos, cette poussée évolutive de la maladie coronaire régresse le
plus souvent.
2) La rupture
d'équilibre est prolongée.
Cette situation peut survenir inopinément, ou être précédée par l'aggravation
définie précédement. L'absence ou insuffisance prolongée d'apport de sang riche en
oxygène à un niveau du muscle cardiaque entraîne une destruction définitive des
cellules d'une zone limitée du coeur, qui constitue l'infarctus du myocarde.
Qu'est ce qui déclenche cet infarctus ?
Dans la majorité des cas, il s'agit de la conséquence de l'athérosclérose coronaire,
qui réduit progressivement le diamètre d'une ou plusieurs artères. Quand le point
critique est atteint, le sang n'arrive plus au niveau du muscle, ce qui provoque
l'apparition brutale de l'infarctus du myocarde. La cause déclenchante immédiate
pourrait être la constitution d'une thrombose ou l'apparition d'un spasme au niveau le
plus rétréci d'une coronaire.
Dans quelques cas, l'infarctus survient sans qu'il y ait d'athérosclérose coronaire
marquée. Là encore, il est déclenché par une thrombose ou un spasme coronaire. Ceci
peut arriver notamment chez des sujets jeunes. Le rôle du tabac dans ces
cas est quasi constant.
Quel que soit le mécanisme de l'infarctus, le diagnostic va reposer sur un certain nombre
d'éléments :
- la douleur, en général plus intense, plus diffuse que dans l'angine de
poitrine, ne cédant pas au repos, ni après prise de trinitrine, et prolongée ;
- elle s'accompagne souvent d'essoufflement, de malaises, de troubles digestifs, de
fatigue intense, de sueurs ... Ces signes font suspecter la survenue d'un infarctus du
myocarde. Vous devez alors stopper toute activité et appeler un service
d'urgences médicales qui commencera votre traitement à domicile et procédera
à votre hospitalisation.
En effet, un diagnostic et un traitement précoce de l'infarctus sont fondamentaux,
permettant au mieux de limiter la zone de nécrose myocardique, et de prévenir les
complications. Parmi ces traitements, les thrombolytiques, administrés
précocement (idéalement dans les deux premières heures suivant le début de la
douleur), par voie veineuse, peuvent dissoudre le caillot responsable de votre infarctus,
et ainsi limiter voire même parfois enrayer cet infarctus.
C'est dire l'importance de la rapidité de prise en charge de cette urgence
cardiaque, par appel du SAMU (15), des Pompiers (18), ou encore en composant le 112
(téléphone cellulaire), ces 3 numéros étant interconnectés. N'hésitez pas
à noter les numéros d'appel d'urgence de votre localité, et placez-les près de votre
téléphone, ainsi que ceux de votre médecin traitant et de votre cardiologue.
QUE VA-T-IL ARRIVER ?
Si cet infarctus du
myocarde est constitué, le muscle cardiaque va cicatriser en remplaçant la zone
détruite par une plaque de fibrose ou tissu cicatriciel, très dure et solide. Cette
cicatrisation va prendre en général un mois. Elle laisse dans la majorité des cas une
portion du coeur non contractile, c'est-à-dire totalement immobile.
Parfois cette cicatrice
est bombée, boursouflée, réalisant ce que l'on appelle un anévrisme cardiaque. Cette
poche non contractile gêne le fonctionnement du coeur attenant, et peut entraîner des
troubles du rythme cardiaque (extrasystole). Mais dans ces cas d'infarctus peu étendu,
seule une zone limitée du coeur est atteinte et celui-ci continue son travail de pompe
presque normalement.
Pendant la cicatrisation
de l'infarctus, autours de la partie de l'artère coronaire occluse ou très rétrécie,
va se développer une circulation collatérale. Les branches des artères non
intéressées par l'occlusion vont se développer et prendre en charge la partie du muscle
cardiaque qui était irriguée par l'artère qui vient de se boucher.
Ainsi malgré l'infarctus,
les réserves du myocarde sain ou lésé mais revascularisé, permettent le plus souvent
au coeur de faire face aux exigences de l'organisme. Au repos, c'est la règle,
l'organisme tout entier n'a besoin que de 5 litres de sang à la minute qui sont
facilement débités par le coeur même récemment infarci. Les problème est plus
délicat à l'effort, le débit cardiaque pouvant augmenter à 15 litres à la minute chez
un sujet au coeur sain mais totalement sédentaire et jusqu'à 42 litres à la minute chez
un grand coureur de 1500 mètres. Le coeur récemment infarci ne peut évidemment faire
face à un tel accroissement du débit cardiaque.
Heureusement, dans la vie
courante, le coeur est utilisé à moins de 40% de ses possibilités maximales. Il reste
donc une marge importante, une réserve entre les 5 litres par minute indispensables au
repos et les possibilités d'augmentation du débit cardiaque à l'effort, dans la vie de
tout les jours. Seuls les infarctus très étendus ou récidivants peuvent diminuer le
débit cardiaque au point de provoquer des symptômes tels qu'essoufflement au moindre
effort ou au repos.
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