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APRES L'ACCIDENT CORONAIRE ... REDEMARREZ!
(Onzième partie)

Source Fédération Française de Cardiologie

VOTRE TRAITEMENT ET VOTRE SURVEILLANCE

LES MEDICAMENTS

Durant votre séjour à l'hôpital, ce sont les infirmières qui vous distribuent vos médicaments. Une fois rentré chez vous, vous devrez continuer en partie ou en totalité ce traitement, sans omission. Vous pouvez demander à votre médecin pourquoi on vous donne tel ou tel médicament, et les effets qu'on en attend. Vous devez savoir à quel médicament correspond chaque comprimé, comment le prendre, combien de fois par jour ? Ne prenez pas plus ou moins de comprimés que ce qui vous est prescrit. Il est utile également de connaître les effets secondaires possibles de chaque médicament, de façon à ne pas être surpris.

Enfin n'oubliez pas de vérifier que ces médicaments ne sont pas périmés, ce qui annulerait leurs effets. Nous allons voir ensemble quelques-uns des médicaments que vous pouvez être amené à prendre.

Le médicament de base est la TRINITRINE.
Nous avons vu qu'il était prescrit en cas de survenue d'une douleur angineuse. il s'agit d'un médicament à action rapide, qui dilate les vaisseaux sanguins du corps, y compris les artères coronaires, et diminue le travail cardiaque. La trinitrine, sous forme de comprimés, doit être croquée et laissée sous la langue. La trinitrine prescrite en spray doit être utilisée en pulvérisation, sous la langue. Vous pouvez en prendre aussi souvent que vous en avez besoin, car il n'y a aucune accoutumance.
Il peut être particulièrement utile d'en prendre à titre préventif avant une marche ou un effort physique par temps froid ou en période disgestive. Si les rapports sexuels entraînent oppression ou douleur d'angine de poitrine, il est également efficace de prendre de la trinitrine avant.

Vous devez toujours porter cette trinitrine sur vous et en prendre dès que vous sentez une crise apparaître, sans délai. Elle agit très rapidement et ses effets durent environ 20 à 30 minutes. il est parfois nécessaire de renouveler la dose pour faire cesser une crise. La prise de trinitrine peut entraîner des troubles très transitoires : des maux de tête, des rougeurs, voire des vertiges, qui cèdent à la position allongée.

En dehors de la trinitrine, à action rapide, on peut vous prescrire des dérivés nitrés retards, ou des pommades ou des timbres transdermiques à base de trinitrine. Ils sont en général plus fortement dosés et surtout à action prolongée. Ils peuvent entraîner les mêmes réactions que la trinitrine simple.

On peut être amené à vous prescrire des médicaments complémentaires anti-angineux, tels que les bêtabloquants. Ces médicaments ralentissent le coeur et diminuent les besoins en oxygène du muscle cardiaque. Ils protègent dans la prévention des extrasystoles. Ces médicaments peuvent être quelquefois mal supportés, notamment chez les asthmatiques. Ils peuvent de plus entraîner un essoufflement, une fatigue qui disparaissent habituellement au bout de quelques jours. Un surdosage se manifesterait par un ralentissement excessif du puols que votre médecin appréciera.

On peut également vous prescrire d'autre médicaments anti-angineux, du groupe dit des "inhibiteurs du calcium". Leur tolérance est le plus souvent bonne, avec quelquefois l'apparition de gonflement des chevilles sans aucune gravité.

Des inhibiteurs de l'enzyme de conversion (IEC) peuvent être prescrits, plus spécialement (mais pas exclusivement) lorsque l'infarctus du myocarde parait important et la fonction cardiaque altérée. Ils visent à améliorer le fonctionnement cardiaque. A noter qu'ils peuvent être responsables dans quelques cas d'une toux qu'il faut signaler à votre médecin.

Cette liste n'est pas limitative et votre médecin pourra vous prescrire d'autres médicaments en fonction de votre état.

Vous aurez peut-être dans les premiers mois de votre convalescence, un traitement anticoagulant. Après une phase initiale d'injection intraveineuse ou sous-cutanée, vous aurez en général un traitement sous forme de comprimés. Ces médicaments ont pour but de prévenir la formation de caillot.

Cet effet anticoagulant est à surveiller de façon régulière, au moyen de prises de sang pour déterminer le taux de prothrombine. Celui-ci doit être aux environs de 30 %. La surveillance doit être faite au minimum tous les quinze jours au début, puis tous les mois. Si le taux de prothrombine dépasse 35%, vous ne constaterez rien, mais l'effet du traitement sera beaucoup diminué. Ces contrôles du taux de prothrombine doivent être consignés dans un carnet que vous porterez sur vous avec vos doses de médicaments.

Lorsque vous suivez ce traitement anticoagulant, vous ne devez pas prendre, sauf avis médical, certains médicaments tels que l'aspirine ou ses dérivés qui pourraient favoriser des accidents hémorragiques. Refusez catégoriquement pour la même raison des piqûres intramusculaires (antibiotiques par exemple) qui peuvent provoquer des hématomes profonds et importants. il en est de même des infiltrations intra-articulaires qui peuvent aussi être dangereuses. De façon générale, demandez conseil avant de prendre un nouveau médicament.

Il faut savoir que les troubles digestifs, les variations de régime ou climatiques, peuvent modifier la vitesse de coagulation.

Les anti-agrégants
Parfois d'emblée, parfois au bout de quelques mois  après des anticoagulants, on pourra vous prescrire un médicament dit anti-agrégant plaquettaire, tel que l'aspirine ou autres, généralement à doses modérées. La surveillance du taux de prothrombine n'est alors plus nécessaire.

LA SURVEILLANCE

La surveillance de votre coeur est tout d'abord votre affaire. Vous venez d'apprendre à connaître les manifestations qui constituent pour vous des signes d'alerte. Vous allez pouvoir vous surveiller vous-même.

Il faut savoir qu'après un infarctus ou tout autre accident cardiaque, vous vous sentirez inquiet dès que surviendra la moindre douleur thoracique. Il s'agit pourtant le plus souvent de douleurs qui n'ont rien à voir avec le coeur, d'origine musculaire ou rhumatismale. Dans certains cas, cependant il s'agit de douleurs d'origine cardiaque, constituant l'angine de poitrine.

Si vous ressentez ce symptôme pour la première fois, vous devez arrêter ce que vous êtes en train de faire, vous reposer en ensuite contacter votre médecin pour lui demander conseil. Si ce n'est déjà fait, il vous prescrira de la trinitrine pour stopper la crise.

Il est important que vous reconnaissiez toute variation de votre état. toute aggravation de cette angine de poitrine doit vous inquiéter et vous faire consulter votre médecin.

En cas de survenue de symptômes évoquant un infarctus du myocarde, vous devez immédiatement arrêter toute activité, vous allonger et demander de l'aide pour être hospitalisé. Surtout n'attendez pas pour prévenir, même au milieu de la nuit : SAMU (15), Pompiers (18), systéme d'urgence du secteur privé ou votre service de télésurveillance pressenti par votre cardiologue traitant. La survenue d'essoufflement, de palpitations qui n'existaient pas auparavant est également une alerte qu'il faut mentionner à votre médecin.

Cette surveillance médicale doit être programmée après votre sortie. Votre médecin et votre cardiologue vous en préciseront la périodicité.

Il est nécessaire d'envisager une visite un mois après la sortie puis trois mois et six moix. Elle pourront s'espacer par la suite (bien entendu cette périodicité dépend de votre état). Il sera également utile de connaître l'évolution de votre taux de glycémie de cholestérol et de triglycéride, surtout s'ils étaient auparavant anormaux. une surveillance annuelle, voire semestrielle, est conseillée. Quant au taux de prothrombine, si vous avez un traitement anticoagulant, nous avons vu que cette surveillance devrait être au minimum mensuelle. De préférence le prélèvement sanguin doit être fait au laboratoire.

A chaque occasion, vous devez communiquer les résultats de ces examens à votre médecin.

Dans un certain nombre de cas, on vous demandera de refaire à distance une nouvelle épreuve d'effort pour vérifier les résultats de votre rééducation ou tout simplement pour surveiller votre état.


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Source Fédération Française de Cardiologie
Texte : Professeur J.P. Broustet , Dr. A. Lavergne, Dr. J.F. Laffosse
Dr. C. Monpere, Dr. A. Pic, Dr. Ph. Sellier
Copyright Fédération Française de Cardiologie
50 rue du Rocher 75008 Paris