VOTRE
TRAITEMENT ET VOTRE SURVEILLANCE
LES
MEDICAMENTS
Durant votre séjour à
l'hôpital, ce sont les infirmières qui vous distribuent vos médicaments. Une fois
rentré chez vous, vous devrez continuer en partie ou en totalité ce traitement, sans
omission. Vous pouvez demander à votre médecin pourquoi on vous donne tel ou tel
médicament, et les effets qu'on en attend. Vous devez savoir à quel médicament
correspond chaque comprimé, comment le prendre, combien de fois par jour ? Ne prenez pas
plus ou moins de comprimés que ce qui vous est prescrit. Il est utile également de
connaître les effets secondaires possibles de chaque médicament, de façon à ne pas
être surpris.
Enfin n'oubliez pas de
vérifier que ces médicaments ne sont pas périmés, ce qui annulerait leurs effets. Nous
allons voir ensemble quelques-uns des médicaments que vous pouvez être amené à
prendre.
Le médicament de base est
la TRINITRINE.
Nous avons vu qu'il était prescrit en cas de survenue d'une douleur angineuse. il s'agit
d'un médicament à action rapide, qui dilate les vaisseaux sanguins du corps, y compris
les artères coronaires, et diminue le travail cardiaque. La trinitrine, sous forme de
comprimés, doit être croquée et laissée sous la langue. La trinitrine prescrite en
spray doit être utilisée en pulvérisation, sous la langue. Vous pouvez en prendre aussi
souvent que vous en avez besoin, car il n'y a aucune accoutumance.
Il peut être particulièrement utile d'en prendre à titre préventif avant
une marche ou un effort physique par temps froid ou en période disgestive. Si les
rapports sexuels entraînent oppression ou douleur d'angine de poitrine, il est également
efficace de prendre de la trinitrine avant.
Vous devez toujours porter
cette trinitrine sur vous et en prendre dès que vous sentez une crise apparaître, sans
délai. Elle agit très rapidement et ses effets durent environ 20 à 30 minutes. il est
parfois nécessaire de renouveler la dose pour faire cesser une crise. La prise de
trinitrine peut entraîner des troubles très transitoires : des maux de tête, des
rougeurs, voire des vertiges, qui cèdent à la position allongée.
En dehors de la
trinitrine, à action rapide, on peut vous prescrire des dérivés nitrés retards, ou des
pommades ou des timbres transdermiques à base de trinitrine. Ils sont en général plus
fortement dosés et surtout à action prolongée. Ils peuvent entraîner les mêmes
réactions que la trinitrine simple.
On peut être amené à
vous prescrire des médicaments complémentaires anti-angineux, tels que les bêtabloquants.
Ces médicaments ralentissent le coeur et diminuent les besoins en oxygène du muscle
cardiaque. Ils protègent dans la prévention des extrasystoles. Ces médicaments peuvent
être quelquefois mal supportés, notamment chez les asthmatiques. Ils peuvent de plus
entraîner un essoufflement, une fatigue qui disparaissent habituellement au bout de
quelques jours. Un surdosage se manifesterait par un ralentissement excessif du puols que
votre médecin appréciera.
On peut également vous
prescrire d'autre médicaments anti-angineux, du groupe dit des "inhibiteurs
du calcium". Leur tolérance est le plus souvent bonne, avec quelquefois
l'apparition de gonflement des chevilles sans aucune gravité.
Des inhibiteurs de
l'enzyme de conversion (IEC) peuvent être prescrits, plus spécialement (mais pas
exclusivement) lorsque l'infarctus du myocarde parait important et la fonction cardiaque
altérée. Ils visent à améliorer le fonctionnement cardiaque. A noter qu'ils peuvent
être responsables dans quelques cas d'une toux qu'il faut signaler à votre médecin.
Cette liste n'est pas
limitative et votre médecin pourra vous prescrire d'autres médicaments en fonction de
votre état.
Vous aurez peut-être dans
les premiers mois de votre convalescence, un traitement anticoagulant.
Après une phase initiale d'injection intraveineuse ou sous-cutanée, vous aurez en
général un traitement sous forme de comprimés. Ces médicaments ont pour but de
prévenir la formation de caillot.
Cet effet anticoagulant
est à surveiller de façon régulière, au moyen de prises de sang pour déterminer le
taux de prothrombine. Celui-ci doit être aux environs de 30 %. La surveillance doit être
faite au minimum tous les quinze jours au début, puis tous les mois. Si le taux de
prothrombine dépasse 35%, vous ne constaterez rien, mais l'effet du traitement sera
beaucoup diminué. Ces contrôles du taux de prothrombine doivent être consignés dans un
carnet que vous porterez sur vous avec vos doses de médicaments.
Lorsque vous suivez ce
traitement anticoagulant, vous ne devez pas prendre, sauf avis médical,
certains médicaments tels que l'aspirine ou ses dérivés qui pourraient favoriser des
accidents hémorragiques. Refusez catégoriquement pour la même raison des piqûres
intramusculaires (antibiotiques par exemple) qui peuvent provoquer des hématomes profonds
et importants. il en est de même des infiltrations intra-articulaires qui peuvent aussi
être dangereuses. De façon générale, demandez conseil avant de prendre un nouveau
médicament.
Il faut savoir que les
troubles digestifs, les variations de régime ou climatiques, peuvent modifier la vitesse
de coagulation.
Les
anti-agrégants
Parfois d'emblée, parfois au bout de quelques mois après des anticoagulants, on
pourra vous prescrire un médicament dit anti-agrégant plaquettaire, tel que l'aspirine
ou autres, généralement à doses modérées. La surveillance du taux de prothrombine
n'est alors plus nécessaire.
LA
SURVEILLANCE
La surveillance de votre
coeur est tout d'abord votre affaire. Vous venez d'apprendre à connaître les
manifestations qui constituent pour vous des signes d'alerte. Vous allez pouvoir vous
surveiller vous-même.
Il faut savoir qu'après
un infarctus ou tout autre accident cardiaque, vous vous sentirez inquiet dès que
surviendra la moindre douleur thoracique. Il s'agit pourtant le plus souvent de douleurs
qui n'ont rien à voir avec le coeur, d'origine musculaire ou rhumatismale. Dans certains
cas, cependant il s'agit de douleurs d'origine cardiaque, constituant l'angine de
poitrine.
Si vous ressentez ce
symptôme pour la première fois, vous devez arrêter ce que vous êtes en train de faire,
vous reposer en ensuite contacter votre médecin pour lui demander conseil. Si ce n'est
déjà fait, il vous prescrira de la trinitrine pour stopper la crise.
Il est important que vous
reconnaissiez toute variation de votre état. toute aggravation de cette angine de
poitrine doit vous inquiéter et vous faire consulter votre médecin.
En cas de survenue de
symptômes évoquant un infarctus du myocarde, vous devez immédiatement arrêter toute
activité, vous allonger et demander de l'aide pour être hospitalisé. Surtout
n'attendez pas pour prévenir, même au milieu de la nuit : SAMU (15), Pompiers (18),
systéme d'urgence du secteur privé ou votre service de télésurveillance pressenti par
votre cardiologue traitant. La survenue d'essoufflement, de palpitations qui
n'existaient pas auparavant est également une alerte qu'il faut mentionner à votre
médecin.
Cette surveillance
médicale doit être programmée après votre sortie. Votre médecin et votre
cardiologue vous en préciseront la périodicité.
Il est nécessaire
d'envisager une visite un mois après la sortie puis trois mois et six moix. Elle pourront
s'espacer par la suite (bien entendu cette périodicité dépend de votre état). Il sera
également utile de connaître l'évolution de votre taux de glycémie de cholestérol et
de triglycéride, surtout s'ils étaient auparavant anormaux. une surveillance annuelle,
voire semestrielle, est conseillée. Quant au taux de prothrombine, si vous avez un
traitement anticoagulant, nous avons vu que cette surveillance devrait être au minimum
mensuelle. De préférence le prélèvement sanguin doit être fait au laboratoire.
A chaque occasion, vous
devez communiquer les résultats de ces examens à votre médecin.
Dans un certain nombre de
cas, on vous demandera de refaire à distance une nouvelle épreuve d'effort pour
vérifier les résultats de votre rééducation ou tout simplement pour surveiller votre
état. |