Le traitement de l'insuffisance coronaire peut être médical, faisant appel à la trinitrine, aux
bêtabloquants, aux inhibiteurs du calcium ou d'autres médicaments. Il peut être chirurgical (pontage aorto-coronaire). Il
existe une troisième possibilité de traitement de l'insuffisance coronaire : il s'agit de
l'angioplastie transluminale coronaire encore appelée "
dilatation coronaire".
Les différentes indications de traitement seront motivées par votre évolution clinique et le résultat des examens
complémentaires.
PRINCIPE DE L'ANGIOPLASTIE
Il consiste à amener au niveau du rétrécissement de l'artère coronaire, par l'intérieur de l'artère, un ballonnet
gonflable qui une fois gonflé pourra "écraser" la plaque d'athérome. Cette intervention n'est pas possible dans tous les
cas, certains rétrécissements ne pouvant être dilatés, du fait de leur emplacement, de leur nombre, de leur ancienneté.
En pratique, comme au cours d'une coronarographie normale, en salle de cathétérisme et sous contrôle radiologique, des
sondes sont introduites par une artère au pli de l'aine (artère fémorale) ou par le bras (artère humérale) sous
anesthésie locale. Une sonde de coronarographie permet tout d'abord de contrôler l'image du rétrécissement de l'artère
coronaire avant la dilatation. Dans un deuxième temps, une sonde à ballonnet est introduite dans la précédente et amenée
jusqu'au contact du rétrécissement. A l'intérieur de la sonde à ballonnet, un petit guide est poussé à travers le
rétrécissement et le ballonnet est glissé le long du guide à son niveau puis elle est gonflée. Deux à trois gonflements
sont, en général, nécessaires pour obtenir une diminution du degré de rétrécissement.

L'angioplastie coronaire est maintenant une technique bien rodée, utilisée depuis 1977, donnant un taux de succès
primaire de plus de 85 %.
Au cours de la dilatation proprement dite, il peut survenir dans un nombre de cas très faible un incident nécessitant la
décision de passage immédiat en service de chirurgie pour réaliser un pontage aorto-coronaire. Vous avez été prévenu de
ce risque avant de donner votre accord pour la dilatation. Dans ce but, nous réservons les jours où se déroulent les
angioplasties coronaires une salle d'opération avec une équipe chirurgicale prête à intervenir. Nous restons seuls juges
quant à la décision d'intervenir ou pas. Si la salle d'opération était indisponible, nous serions obligés de retarder
votre angioplastie pour des raisons évidentes de sécurité.
LES STENTS
Le principal progrès de ces dernière années réside dans le développement d'endoprothèses ou stents. Ces endoprothèses
sont constituées d'un treillis métallique plaqué sur la paroi artérielle grâce au ballonnet et maintenant l'ouverture du
vaisseau comme un tuteur. Le stent qui ne peut être positionné que dans des grosses artères de 3 mm ou plus, permet d'une
par de recoller des artères disséquées au stade aigu et d'autre part de diminuer le taux de resténose de 10% au 6 éme
mois.
DEROULEMENT PRATIQUE DE L'ANGIOPLASTIE
CORONAIRE
Vous entrerez 24 à 48 heures avant l'intervention, sans avoir modifié votre traitement afin de pratiquer certains examens
indispensables. L'intervention se déroule, en général, le matin et vous serez bien sûr à jeun. Le temps total de
l'intervention (entre le moment où vous entrez dans la salle de cathétérisme et le moment où vous remontez dans votre
chambre) est de l'ordre de 2 heures. Les modalités sont assez proches de celles d'une coronarographie habituelle. sous
anesthésie locale, il est possible que vous perceviez le gonflement du ballonnet sous forme d'une petite gêne thoracique.
Il est très utile que vous la signaliez.
Dans les 24 heures qui suivent, nous vous demanderons de rester alité au repos strict. Votre sortie du service est en
règle générale prévue trois ou quatre jours après l'angioplastie. Afin d'évaluer les résultats de celle-ci, des épreuves
d'effort seront pratiquées. Pendant cette période, votre traitement pourra éventuellement être allégé, mais probablement
pas supprimé. Les suites sont beaucoup plus simples et plus rapides qu'après un pontage aorto-coronaire. Vous devez comme
toujours vous surveiller vous-même et signaler si des douleurs identiques à celles que vous aviez avant l'intervention
réapparaissaient. Votre reprise d'activité professionnelle se fera très rapidement.
VOTRE AVENIR
Il convient de noter que des récidives sont possibles dès les 6 mois qui suivent votre angioplastie, d'où la nécessité de
surveiller les symptômes et les épreuves d'effort ; une coronarographie de contrôle pourra éventuellement vous être
prescrite. Par ailleurs, la correction des facteurs de risque est très importante pour préserver votre avenir et éviter
les récidives.
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