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APRES L'ATTAQUE CEREBRALE
(Deuxième partie)

Source Fédération Française de Cardiologie

PARALYSIE DU CÔTE DROIT

Le signe le plus visible d'une attaque est habituellement la paralysie d'un côté du corps. Si le côté droit est paralysé (hémiplégie droite), cela signifie que le côté gauche du cerveau est atteint.

ATTEINTE DU CERVEAU GAUCHE

Les personnes atteintes d'hémiplégie droite, et qui sont droitières, ont souvent des problèmes d'élocution et de language. C'est ce que l'on appelle l'aphasie. Parfois elles peuvent comprendre plus qu'elles ne peuvent exprimer oralement ou écrire. De manière caractéristique cependant, les personnes atteintes d'aphasie ont des difficultés à parler et à comprendre.

Dans notre sociét, la parole et la communication sont très importantes. Et quand les gens ne peuvent ni parler ni être compris, il y a une tendance à exagérer l'étendue de leur invalidité.

La parole et le langage sont deux choses différentes. Le langage, c'est les bruits, les mouvements, les gestes et les expressions dont nous nous servons pour communiquer les uns avec les autres. La parole n'est qu'une petite partie du langage : ce sont des sons que nous émettons avec la bouche. Certaines personnes ont des difficultés à prononcer les mots (dysarthrie) mais leur aptitude au langage est normale.

Ce n'est pas parce qu'une personne ne peut ni parler ni être comprise, ni écouter, ni comprendre, qu'elle ne peut pas communiquer et comprendre un certain nombre de situations. La plupart des personnes atteintes d'aphasie ont aussi des difficultés pour écrire et lire. Avec certaines personnes vous communiquerez mieux par écrit ; avec d'autres, la communication verbale sera la meilleure.

Certaines personnes, plus particulièrement celles qui sont atteintes d'aphasie, peuvent avoir des difficultés avec les chiffres, le calcul ou dans la reconnaissance et la mémoire des nombres et des dates.

Une grande partie de la communication usuelle peut se passer de la parole.

Isoler les personnes atteintes d'aphasie en ne communiquant pas avec elles parce qu'une partie de leur langage a disparu, est une erreur. une grande partie de la communication usuelle quotidienne peut se passer de la parole. Observez, par exemple, combien souvent les gens se servent de leurs mains en parlant. Le jeu des charades, les films muets et la pantomime sont d'autres exemples de la communication non verbale.

Essayez de communiquer en mettant les personnes en situation ou à l'aide de pantomime. Se servir de pantomime est une bonne idée quand les chances de récupération de la capacité de langage sont faibles. Dans certains cas, la parole peut interférer avec la communication et, pour une personne atteinte d'aphasie, elle peut alors ressembler aux parasites radiophoniques.

Quelquefois les personnes atteintes d'aphasie emploient, pour s'exprimer, des mots ou des sons insolites. L'une appellera une auto d'un mot à elle, sans aucun rapport avec le mot "auto". Si cette personne emploie ces mots de manière cohérente, qu'elle est comprise et qu'il ne faut pas s'attendre à la voir récupérer son aptitude au langage, pourquoi ne pas se servir de ses mots ?
Insister sur le mot "juste" peut causer frustration ou colère. Beaucoup de personnes atteintes d'aphasie développent rapidement une bonne communication sans parole. Elles créent un langage utile en superposant à la pantomime des gestes, des grognements, des jurons ou des sons dépourvus de sens.

Si vous vous comportez avec les personnes atteintes d'aphasie comme si elles ne pouvaient pas communiquer et si vous ne répondez pas à leur "langage", elles peuvent cesser de tenter de communiquer avec vous. elles peuvent aussi se décourager si vous insistez pour qu'elles emploient un systéme de langage "correct" qu'elles trouvent déconcertant.

Quelquefois les personnes aphasiques sont devenues si adroites à comprendre la communication non-verbale qu'on peut aisément surestimer leur capacité de compréhension. La part non-verbale de notre communication est si grande que cela peut se produire plus souvent que vous ne le pensez. Vous estimez peut-être que l'aphasique comprend ce que vous dites parce qu'il sourit et approuve avec à-propos. Mais en fait, il réagit peut-être à des objets que vous tenez dans votre main, à votre expression, au moment de la journée. il peut aussi répondre danvantage à la "musique" qu'aux "mots".

L'erreur la plus fréquemment commise  par les personnes ayant affaire à des aphasiques, est de surestimer la part de la communication verbale comprise par eux. Vous pouvez d'abord être consterné par leur capacité limitée à parler ou à comprendre la parole. Vous pouvez penser qu'ils ne peuvent pas du tout communiquer ou s'exprimer, puis découvrir des signes qui semblent indiquer qu'ils comprennent. Il est alors tentant de conclure hativement qu'un aphasique comprend davantage qu'il n'en est capable.
C'est parfois une bonne idée de contrôler le niveau de compréhension. dites une chose et faites en une autre. Si, par exemple, c'est l'été : souriez, regardez par la fenêtre et dites : "Comme c'est beau de voir tomber la neige !". Si la personne sourit, acquiesce et montre qu'elle est d'accord, alors vous saurez qu'elle répond plutôt à votre communication non-verbale qu'à vos mots.
Le but en émettant ces messages incohérents, est d'apprécier le degré de compréhension d'une personne. Ce n'est pas une "astuce". Vous testez votre message de communication, et non la personne aphasique. Posez-vous la question : "Suis-je en train de surestimer ses capacités de compréhension ?".

En émettant des messages incohérents, vous appréciez le degré de compréhension de votre interlocuteur aphasique.

Si vous surestimez en permanence la capacité d'une personne à s'exprimer et à vous comprendre, sa frustration, sa déception et une certaine confusion se développeront facilement. Ceci crée des barrières à une bonne communication.
Si par exemple vous surestimez les capacités orales d'une personne, vous êtes tenté de la juger comme non-coopérative, ou de mauvaise humeur, ou sénile, ou irrationnelle. Vous pensez qu'elle vous comprend mais se comporte comme si elle ne vous comprenait pas.

Une autre erreur est d'émettre des messages trop complexes. Les apahsiques, souvent, comprennent des messages courts et simples mais pas ceux qui sont longs et compliqués.

En parlant à un apahsique, la tendance est de parler fort. Augmenter le volume de votre voix semble presque automatique quand vous avez affaire à quelqu'un qui semble ne pas vous comprendre. Il est tentant de croire qu'il s'agit d'une perte d'audition et non d'un problème de compréhension.
Pourquoi élever la voix ? Cela aide parfois à faire passer le message, mais parfois cela est aussi dérangeant. En parlant fort, vous pouvez être moins compréhensible qu'en vous exprimant normalement.
La raison pour laquelle on crie souvent en s'adressant à un aphasique,  est que cela marche. Mais cela n'est pas dû au volume sonore. Beaucoup d'énergie est dépensée à parler fort pour dire des phrases longues et compliquées. Par conséquent quand vous criez, vous avez tendance à être bref et précis. Il faut donc s'exercer à parler avec des phrases courtes et simples, sans crier, et vérifier que la personne vous comprend aussi bien que lorsque vous criez.

En parlant fort, vous risquez d'être moins bien compris qu'en vous exprimant normalement.

En parlant à quelqu'un qui semble ne pas bien vous comprendre, il est aussi tentant de prendre une "voix spéciale". Les adultes s'expriment souvent ainsi avec des enfants qu'ils ne connaissent pas très bien. Mais en parlant à des aphasiques, restez simple. Une voix spéciale est rarement nécessaire et peut même être déplaisante.

TYPES DE COMPORTEMENT

En plus des problèmes de langage, les hémiplégiques droits ont tendance à être lents, prudents et désorganisés quand ils sont confrontés à des situations inhabituelles. Ce style anxieux et hésitant surprend souvent les amis et la famille qui les ont connus avant l'attaque avec un comportement tout à fait différent.

Beaucoup d'hémiplégiques droits ont besoin qu'on leur répète qu'ils s'en sortent très bien. Si la personne a des troubles de la parole, souriez-lui, acquiscez, complimentez-la. Dans le cas contraire, de simples constatations verbales comme "oui", "c'est bien", bien", "très bien" lui disent qu'il est en train de bien faire. Cela l'encourage aussi à persévérer.

Au début, quand vous aidez quelqu'un à apprendre quelque chose de nouveau, il peut sembler maladroit de le corriger en permanence. Vous pouvez avoir peur d'être condescendant ou insultant à l'égard de son intelligence. Et si vous faites improprement la correction et appréciez des progrès imaginaires, cela peut être nuisible. Il vaut mieux faire trop de feed-back (réaction, rétroaction, révision des étapes précédentes) que pas assez. Si vous êtes en train de la froisser, la personne vous le fera savoir d'une façon ou d'une autre. Si au contraire, vous ne donnez pas la réplique assez souvent, la personn peut ne pas connaître ses lacunes et manquer à sa tâche. La correction doit être précise et fréquente.

Faites-là immédiatement. N'attendez pas que la tâche soit finie. Certaines personnes ayant le cerveau gauche atteint peuvent aussi éprouver des difficultés à accomplir des tâches ordinaires, comme, par exemple, se servir d'ustensiles ou s'habiller. Elles peuvent avoir besoin d'être guidées dans des tâches qui sont accomplies tous les jours de manière routinière. Les personnes essayant d'apprendre à s'habiller toutes seules, par exemple, peuvent ne faire que peu de progrès ou pas de progrès du tout si on ne les informe sur ce qui est bien et mal qu'après un effort prolongé. Il est préférable de diviser l'habillage en plusieurs étapes et de faire la correction après la réalisation de chacune d'entre-elles.
Mettre une chemise peut être articulé comme suit : commencer par mettre la chemise dans une certaine position, mettre le bon bras dans la bonne manche, enfiler le chemise, boutoner le chemise.
Quand la personne a effectué correctement chaque étape, il faut lui dire qu'elle a réussi sa tâche. Si une faute est commise, attendez de voir si la personne la corrige. Si elle persiste dans la faute, faites-le lui remarquer, suggérez une correction, et signalez la réussite avec à-propos.

Les hémiplégiques droits sont anxieux, prudents et ont plus souvent besoin qu'on leur indique qu'ils ont réussi plutôt qu'on leur fasse remarquer leurs échecs. Essayez de rester positif dans vos commentaires.

RESUME

La paralysie droite (hémiplégie droite) signifie que le cerveau gauche a été atteint. Les personnes souffrant d'hémiplégie droite ont souvent des troubles de la parole et du langage. Elles ont aussi tendance à être quelque peu anxieuses, prudentes et désorganisées devant des tâches nouvelles.

Gardez les suggestions suivantes présentes à l'esprit :

  • Ne sous-estimez pas la capacité de ces personnes à apprendre et à communiquer, même si elles ne peuvent pas parler.
  • Si une telle personne ne peut pas parler, essayez d'autres formes de communication. Patomime et mises en situation sont souvent utiles.
  • Ne surestimez pas sa capacité à comprendre la parole. Si vous commettez cette erreur, vous serez amené à tant parler qu'elle percevra votre message à la manière d'une émission radiophonique chargée de parasites.
  • Ne criez pas. Restez simple et bref.
  • Ne vous exprimez pas d'une "voix spéciale".

Cliquez ici pour lire la suite (Paralysie du côté gauche  ...).


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Source Fédération Française de Cardiologie
Texte : Docteur France Woimant
Dr. C. Monpere, Dr. A. Pic, Dr. Ph. Sellier
Copyright Fédération Française de Cardiologie
50 rue du Rocher 75008 Paris