PRIVATION
SENSORIELLE
Les problèmes
de privation sensorielle sont fréquents chez les personnes ayant subi une attaque. Ils
surviennent quand les signaux du monde extérieur sont interrompus ou considérablement
atténués.
Les chercheurs dans le
domaine comportemental ont montré qu'ils pouvaient induire l'irritabilité, la confusion,
la psychose, des fantasmes et même des hallucinations chez de jeunes volontaires normaux
et sains, en réduisant les influx sensoriels. Ils l'ont expérimenté en mettant ces
volontaires au lit, après avoir placé des casques antibruit sur leurs oreilles, après
les avoir gantés avec des gants de coton pour éliminer le toucher, et après avoir
estompé leur vision à l'aide de lunettes opaques. Les symptômes apparaissent en
quelques minutes.
Revenons à nos personnes
ayant subi une attaque. Elles sont souvent plus âgées, ne voyaient peut-être pas trop
bien sans lunettes avant l'attaque, et leur vision a peut-être même diminué après
l'attaque. Elles peuvent aussi ne pas bien entendre. Elles peuvent avoir perdu les
sensations tactiles, de pression, de position et de douleur dans certaines parties de leur
corps. Elles peuvent être contraintes à rester au lit pour de longues périodes. Et
elles peuvent avoir perdu la capacité d'interpréter des influx-stimulus à cause d'une
atteinte cérébrale.
Ces personnes non
seulement ont, pour la plupart, les mêmes problèmes que les jeunes volontaires sains
dans les expériences de privation sensorielle, mais de plus, elles peuvent avoir les
problèmes propres à la maladie. Et au contraire des volontaires qui peuvent sortir de
l'expérience quand ils le souhaitent, elles sont "coincées" avec leur perte
sensorielle et il n'est pas étonnant qu'elles deviennent souvent irritables, confuses,
agitées et aient parfois des fantasmes ou des hallucinations. C'est encore plus fréquent
quand ces personnes sont immobilisées au lit pour une longue période.
Il est surprenant que,
parmi les personnes ayant subi une attaque, il n'y en ait pas davantage qui développent
des symptômes de privation sensorielle ! C'est peut-être parce que souvent la perte de
sensibilité est progressive. En vieillissant, elles ont eu le temps de s'habituer à leur
déficits.
Les effets de la privation
sensorielle induits expérimentalement ne persistent pas longtemps. Dès que les
volontaires retournent à leur environnement normal, ils guérissent complètement. Les
personnes ayant subi une attaque ne sont pas si favorisées. Bien des effets de la
privation sensorielle peuvent cependant être minimisés en prenant les initiatives
adéquates.
La nuit est souvent
redoutable pour les personnes souffrant de tels déficits. Durant le jour, c'est un
tourbillon d'activités. Les gens bougent, font du bruit, parlent. Le patient est touché,
remué, interpellé et il mange, voit, touche, ressent, entend et sent. Mais la nuit,
l'environnement peut ressembler à un trou noir.
Beaucoup de personnes
répondent positivement à cette situation atténuée quand l'environnement sensoriel est
quelque peu enrichi. Une radio émettant doucement ou une lumière voilée à côté du
lit peuvent être utiles.
Tout le monde n'aura pas
besoin d'un environnement sensoriel enrichi, bien sûr. Il y a des personnes qui se
sentent submergées par trop de stimulations. Une erreur fréquente commise par des amis
ou des parents est de rendre visite en groupes trop nombreux. Le patient pourra ne pas
être capable de participer à la conversation ou de suivre les mouvements de personnes
trop nombreuses. Il pourra se sentir bien plus à l'aise dans un petit groupe. Chaque
personne doit être évaluée individuellement. Il est important de réaliser que des
changements considérables de comportement peuvent survenir à cause du confinement, du
manque de relation humaine et d'un influx sensoriel atténué.
Une
erreur fréquente commise par des amis ou des parents, est de rendre visite en groupes
trop nombreux. |
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