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APRES L'ATTAQUE CEREBRALE
(Cinquième partie)

Source Fédération Française de Cardiologie

AUTRES EFFETS DE L'ATTAQUE CEREBRALE

Jusqu'à présent nous avons exposé les problèmes habituellement en rapport avec la paralysie d'un côté ou de l'autre. Certaines personnes, cependant, ne sont pas paralysées mais ont tout de même des déficits intellectuels. D'autres sont paralysées mais souffrent peu ou pas des autres problèmes mentionnés. Mais si quelqu'un a subi une attaque, il est très probable que son comportement indiquera jusqu'à quel point son cerveau a été touché. Certaines fonctions intellectuelles sont si compliquées qu'elles ont besoin d'un cerveau qui fonctionne complètement. Même des atteintes mineures peuvent interférer avec ces fonctions compliquées.

ADAPTATION DU COMPORTEMENT

L'adaptation du comportement traduit la capacité d'une personne à guider et à contrôler son propre comportement, c'est ce qu'on appelle parfois le jugement social.
En principe, ce sont les proches de la personne atteinte qui sont les plus aptes à identifier un problème de qualité du comportement. Ils voient des modification du comportement que d'autres, qui ne connaissent pas la personne aussi bien, ne voient pas.

Par exemple, une femme jadis pointilleuse est devenue négligente, se soucie moins de son apparence personnelle. Elle aura le mauvais discours au mauvais moment ou agira de manière incohérente, faisant aujourd'hui des erreurs dans des tâches qu'elle exécutait bien hier. Une personne timide deviendra vaniteuse et agressive, une personne discrète pourra devenir bruyante. Un home jadis économe, deviendra dépensier. Ou bien telle autre personne, autrefois agressive et loquace, ressassera et se renfermera sur elle-même. Un causeur talentueux peut devenir répétitif et assommant, ou encore entendre telles choses qu'on lui aura dites et pas les autres.

Les personnes qui ont des problèmes d'adaptation du comportement dus à une atteinte cérébrale, ont besoin tout spécialement de l'aide d'autrui.

Les problèmes posés par l'adaptation du comportement sont souvent irritants et mal compris, et il est tentant -mais incorrect - de conclure à l'existence d'un problème émotionnel ou psychologique. un homme avec une déficience visuelle sera accusé de "négligence, d'indifférence ou de paresse", parce qu'il ne voit pas les taches sur sa cravate. Ou une femme avec une légère difficulté d'élocution sera accusée d'être "boudeuse, déprimée et indifférente" parce qu'elle ne parle pas beaucoup. Un homme avec un déficit de mémoire sera accusé d'être un "vieux malpropre" parce qu'il aura oublié de fermer sa braguette.

Il est possible qu'une personne ayant survécu à une attaque ait de réels problèmes emotionnels, qui nécessitent ou ne nécessitent pas une aide professionnelle. Mais il est important de ne pas aggraver ces problèmes en ignorant les déficits de cette personne.

Les femmes et les hommes, ayant des problèmes d'adaptation de comportement dus à une atteinte cérébrale, ont besoin d'une aide particulière de la part de ceux qui les entourent. Ils ont besoin d'apprendre à analyser leur comportement pour juger correctement une situation. il est probable qu'ils aient davantage besoin d'indications, de corrections et d'informations que de psychotérapie.
Par exemple, le "vieux malpropre" qui oublie de prendre son bain, de changer sa chemise ou de fermer sa braguette, sera capable de s'habiller et de faire sa toilette seul. Malheureusement à cause de problèmes intellectuels, il "oublie" et ne remarque pas ses omissions.
Un tel problème peut être corrigé en plaçant une glace dans la salle de bain avec une fiche de tâches comportant les rappels tels que : se brosser les dents, fermer sa braguette, mettre une chemise propre. Ces indications simples, sont souvent suffisantes pour transformer un "vieux malpropre" en un homme présentable. Une telle démarche aide une mémoire défaillante. Elle évite aussi les reproches continuels des autres.

Les personnes ayant des problèmes d'adaptation de leur comportement, ont besoin d'informations et non de reproches. Leurs déficits doivent être reconnus. Elles ont besoin d'aide pour les compenser et / ou pour apprendre à agir différemment. Quand elles agissent bien, il faut leur dire qu'elles progressent. Un compliment opportun est très important.

Quand les mêmes personnes se comportent de manière inappropriée, il faut leur faire remarquer leurs erreurs sur un ton neutre et dénué de reproches. Si par exemple, un homme se remet à raconter une histoire familière pour la seconde fois, vous pouvez lui dire : "Ah ! oui, je me souvient de cette histoire", et changer de sujet. N'omettez pas, s'il tient compte de votre observation, de montrer votre approbation. Vous pouvez le faire en souriant ou en acquiesçant simplement. Ecouter avec attention ce qu'il a à vous dire est une autre possibilité. Lui prêter attention est un excellent signe d'approbation.

Un homme peut se mettre à jurer inconsidérément. Il dira : "Espèce de ....., donne moi un nom de .... de verre d'eau". Vous répondrez "Quand vous le dites sur ce ton, cela me trouble. Pourquoi ne pas dire "Voudriez-vous m'apporter un verre d'eau ?". De cette façon, non seulement vous faites remarquer le ton déplacé, mais vous offrez aussi une alternative.

RESUME

Beaucoup de problèmes relatifs aux modifications de comportement résultent de problèmes relatifs à la mémoire.

Souvenez-vous de ces conseils :

  • Le but des corrections est d'aider la personne à reconnaître qu'elle se comporte de manière inadéquate et à lui apprendre le bon comportement.
  • Le harcèlement, la colère, les commentaires culpabilisants ne font qu'empirer la situation.
  • Ne multipliez pas vos interventions pour rectifier ; une rectification par situation est probablement suffisante.
  • Effectuez les corrections rapidement. Si vous attendez, votre information perdra de son impact.
  • Si la personne "fait bien", efforcez-vous d'en donner une prompte et positive approbation.

Cliquez ici pour lire la suite (Déficits de la mémoire en général ...).


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Source Fédération Française de Cardiologie
Texte : Docteur France Woimant
Dr. C. Monpere, Dr. A. Pic, Dr. Ph. Sellier
Copyright Fédération Française de Cardiologie
50 rue du Rocher 75008 Paris