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APRES L'ATTAQUE CEREBRALE
(Sixième partie)

Source Fédération Française de Cardiologie

DEFICITS DE LA MEMOIRE EN GENERAL

Presque toutes les atteintes cérébrales, même mineures, causent des problèmes de mémoire. Même les personnes en bonne santé développent, en vieillissant, des problèmes de mémoire.

La mémoire est à la fois une composante de perception spatiale et une composante de langage. Les effets sur la mémoire dépendent du côté où le cerveau a été atteint. Les hémiplégiques droits ont tendance à avoir davantages de problèmes de mémoire liés au langage alors que les hémiplégiques gauches ont plutôt des problèmes d'information concernant la perception spatiale.

Il est également possible de n'avoir ni déficits de langage, ni déficits de perception spatiale, mais d'avoir tout de même de réels déficits de mémoire. La mémoire a beaucoup de composantes différentes. L'une d'elles est importante et concerne la capacité de rétention immédiate.

CAPACITE DE RETENTION IMMEDIATE

La capacité de rétention immédiate, ou mémoire immédiate, porte sur le nombre d'informations dans un message donné qui sont mémorisées puis employées ou intégrées dans l'action. Les personnes ayant survecu à une attaque, ont souvent une capacité de rétention immédiate perturbée. Cela signifie qu'elles ne peuvent se souvenir que de quelques éléments d'un message compliqué. Par exemple, dans une série d'instructions, elles ne se souviendront que de deux ou trois étapes. Si vous demandez à une femme ayant une capacité de rétention réduite de se lever, d'enlever son manteau, de la placer sur la chaise, de prendre une revue et de vous la remettre, elle n'exécutera que la partie relative à la revue. Ou elle sera désorienté et ne fera rien du tout.

Quelqu'un présentant une capacité de rétention immédiate brève aura de très bonnes performances si on ne lui donne que des messages brefs et simples. Segmentez donc votre message. Ne donnez d'informations qu'une par une. Ne parlez pas avec des phrases longues ; utilisez plutôt des phrases courtes et concises. Si vous adressez à cette personne de trop nombreux messages, elle peut être désorientée.

INFORMATION ANCIENNE CONTRE INFORMATION RECENTE

Une autre considération est de savoir si la mémoire porte sur une information ancienne ou récente. Il y a une tendance à se souvenir sélectivement des informations selon qu'il s'agit d'une information récente ou d'une information ancienne.

L'information est "ancienne" quand elle date d'avant l'attaque et elle est "récente" quand elle a été mémorisée après l'attaque. Les personnes ayant subi une attaque, ont tendance à trouver difficile l'acquisition de l'information dite récente, même si elles n'ont presque aucune difficulté avec l'information "ancienne". Souvent elles seront capables de décrire avec de grands détails des amis, des événements ou des situations qu'elles auront connus ou vécus des années auparavant.
Ceci ne signifie pas qu'elles ont une bonne mémoire. Cela signifie qu'elles se remémorent bien les informations anciennes. Ces mêmes personnes seront incapables de se souvenir de ce qu'elles auront mangé au petit déjeuner ou du nom de voisins qu'elles voeint très souvent..

La mémoire peut porter sur des informations anciennes ou récentes.

Ce décalage entre la mémoire de l'ancien (ou à long terme) et celle du récent (ou à court terme) est habituel chez les personnes d'un certain âge ayant subi une attaque, ainsi que chez les personnes souffrant d'atteintes cérébrales en général. C'est comme si le cerveau avait perdu la capacité de "retenir" l'information récente.

Les personnes ayant survécu à une attaque ont aussi souvent une capacité de généralisation amoindrie.

TRANSFERT DES ACQUIS

Dans sa forme la plus simple, le transfert des acquis est la capacité d'appliquer dans une situation donnée, ce qui a été appris dans une autre situation. Les personnes qui ont un problème de transfert des acquis ont de grandes difficultés à transposer ce qu'elles savent d'une situation à une autre. Elles ont, par exemple, appris à l'hôpital à opérer un transfert indépendant et sûr d'une chaise roulante à un lit. Et, à l'hôpital, elles peuvent opérer ce transfert en toute sécurité et sans aide. Mais elles ne seront pas automatiquement capables de faire ce tranfert quand elles seront chez elles. Un lit et une chambre différents, la présence de spectateurs, tout peut désorienter les personnes ayant des problèmes de transfert des acquis.

C'est une des raisons pour lesquelles beaucoup de programmes de réhabilitation incluent des visites à domicile des personnels soignants. Cela aide à transposer un apprentissageou une capacité d'un environnement à un autre. Il est parfois utile de faire une maquette de l'environnement domestique pour aider ces personnes à préparer leur transfert quand elles sont encore à l'hôpital, elles peuvent alors apprendre leurs tâches dans un environnement similaire à celui dans lequel elles seront appelées à les exécuter.

Les personnes ayant subi une attque et souffrant d'un problème de transfert des acquis sont très sensibles à des changements mineurs dans leur environnement. C'est pourquoi elles apprécient une routine quotidienne constante. Elles ont tendance à ne pas aimer les surprises.

Quand des changements dans la routine sont nécessaires, il est bon de prévenir ces personnes et de discuter avec elles des événements susceptibles de se produire, ce qui leur permet d'anticiper et de répéter mentalement des comportements. quand elles sont déplacées d'un environnement à un autre, c'est une bonne idée que d'établir une routine aussitôt que possible.

Quand un changement survient, attendez-vous à une détérioration des capacités des personnes souffrant d'un déficit dans le domaine de transfert des acquis. Si malgré tout, vous établissez effectivement une routine, elles feront des progrès très rapides. Ces personnes réagissent aussi souvent au changement en devenant irritables et désorientées. Les changements les effraient.

Alors qu'il ne vous est probablement pas possible de "guérir" une personne ayant des problèmes de mémoire, vous pouvez cependant prendre beaucoup d'initiatives permettant d'améliorer ses performances. Si une femme a des difficultés à apprendre une tâche nouvelle, comme le transfert d'une chaise roulante à un lit, elle peut progresser dans l'apprentissage de cette tâche si les étapes de ce transfert sont écrites simplement sur une feuille de papier attachée à la chaise roulante. Si elle a des problèmes de langage, vous pouvez utiliser des images de chaque étape.

Elle peut alors être formée à contrôler ses instructions lui rappelant les étapes d'un transfert plus sécurisant. Cela peut aussi l'aider si elle a un problème de transfert des acquis, parce qu'elle aura un mémento quand elle se trouvera dans un environnement qui ne lui sera pas familier.

S'il s'agit d'un homme qui a des difficultés à se souvenir de ses rendez-vous, de son emploi du temps quotidien, du nom de ses nouveaux amis et même de son adresse et de son numéro de téléphone, il peut les noter dasn un petit carnet ou un agenda, qu'il portera sur lui. Il peut aussi afficher son mémento dans la cuisine ou à tout autre endroit bien visible.

Un carnet de rendez-vous peut devenir une mémoire artificielle. Les carnets standards utilisés si souvent par les dirigeants, les étudiants, les ménagères, sont devenus un symbole d'organisation socialement acceptable. Y porter des rendez-vous et des détails comme les heures, les lieux et les noms des gens concernés aide les personnes souffrant de difficultés de mémoire à s'orienter dans le changement. Elles peuvent répéter, anticiper et s'entraîner pour des obligations futures. Elles seront probablement moins sujettes à être "surprises" quand un changement de routine sera nécessaire.

Si quelqu'un a des difficultés à apprendre quelque chose de nouveau, essayez d'associer une information ancienne et familière à ce qui est nouveau. Vous pouvez par exemple aider une femme qui peine à trouver sa chambre, en mettant sur sa porte une photographie familière et même sa propre photographie. Un dessus de lit familier, un objet évoquant un souvenir émouvant sur l'étagère, ou des photographies de famille ou d'amis, peuvent aider à rendre une chambre moins étrangère.

RESUME

La plupart des personnes ayant subi une attaque ont des problèmes de mémoire. Vous pouvez souvent améliorer les capacités mnésiques d'une personne en vous souvenant qu'il faut :

  • établir une routine fixe chaque fois que possible ;
  • se cantonner dans des messages simples pour s'adapter à la capacité de rétention immédiate ;
  • présenter les nouvelles informations une par une ;
  • permettre à la personne de finir une étape avant d'entamer la suivante ;
  • indiquer souvent qu'il y a progrès, sinon la personne peut oublier les "succès" passés ;
  • s'exercer dans un environnement qui ressemble le plus possible à celui dans lequel le comportement aura lieu ;
  • utiliser des aides-mémoire, tels que des agendas, des mots écrits et des emplois du temps chaque fois que possible ;
  • utiliser des objets familiers et des associations d'idées anciennes quand vous enseignerez de nouvelles tâches.

  Cliquez ici pour lire la suite (Instabilité émotionnelle).


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Source Fédération Française de Cardiologie
Texte : Docteur France Woimant
Dr. C. Monpere, Dr. A. Pic, Dr. Ph. Sellier
Copyright Fédération Française de Cardiologie
50 rue du Rocher 75008 Paris