DEFICITS
DE LA MEMOIRE EN GENERAL
Presque toutes
les atteintes cérébrales, même mineures, causent des problèmes de mémoire. Même les
personnes en bonne santé développent, en vieillissant, des problèmes de mémoire.
La mémoire est à la fois
une composante de perception spatiale et une composante de langage.
Les effets sur la mémoire dépendent du côté où le cerveau a été atteint. Les
hémiplégiques droits ont tendance à avoir davantages de problèmes de mémoire liés au
langage alors que les hémiplégiques gauches ont plutôt des problèmes d'information
concernant la perception spatiale.
Il est également possible
de n'avoir ni déficits de langage, ni déficits de perception spatiale, mais d'avoir tout
de même de réels déficits de mémoire. La mémoire a beaucoup de composantes
différentes. L'une d'elles est importante et concerne la capacité de rétention
immédiate.
CAPACITE DE RETENTION IMMEDIATE
La capacité de rétention
immédiate, ou mémoire immédiate, porte sur le nombre d'informations dans un message
donné qui sont mémorisées puis employées ou intégrées dans l'action. Les personnes
ayant survecu à une attaque, ont souvent une capacité de rétention immédiate
perturbée. Cela signifie qu'elles ne peuvent se souvenir que de quelques éléments d'un
message compliqué. Par exemple, dans une série d'instructions, elles ne se souviendront
que de deux ou trois étapes. Si vous demandez à une femme ayant une capacité de
rétention réduite de se lever, d'enlever son manteau, de la placer sur la chaise, de
prendre une revue et de vous la remettre, elle n'exécutera que la partie relative à la
revue. Ou elle sera désorienté et ne fera rien du tout.
Quelqu'un présentant une
capacité de rétention immédiate brève aura de très bonnes performances si on ne lui
donne que des messages brefs et simples. Segmentez donc votre message. Ne donnez
d'informations qu'une par une. Ne parlez pas avec des phrases longues ; utilisez plutôt
des phrases courtes et concises. Si vous adressez à cette personne de trop nombreux
messages, elle peut être désorientée.
INFORMATION ANCIENNE CONTRE INFORMATION RECENTE
Une autre considération
est de savoir si la mémoire porte sur une information ancienne ou récente. Il y a une
tendance à se souvenir sélectivement des informations selon qu'il s'agit d'une
information récente ou d'une information ancienne.
L'information est
"ancienne" quand elle date d'avant l'attaque et elle est "récente"
quand elle a été mémorisée après l'attaque. Les personnes ayant subi une attaque, ont
tendance à trouver difficile l'acquisition de l'information dite récente, même si elles
n'ont presque aucune difficulté avec l'information "ancienne". Souvent elles
seront capables de décrire avec de grands détails des amis, des événements ou des
situations qu'elles auront connus ou vécus des années auparavant.
Ceci ne signifie pas qu'elles ont une bonne mémoire. Cela signifie qu'elles se
remémorent bien les informations anciennes. Ces mêmes personnes seront incapables de se
souvenir de ce qu'elles auront mangé au petit déjeuner ou du nom de voisins qu'elles
voeint très souvent..
La
mémoire peut porter sur des informations anciennes ou récentes. |
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Ce
décalage entre la mémoire de l'ancien (ou à long terme) et celle du récent (ou à
court terme) est habituel chez les personnes d'un certain âge ayant subi une attaque,
ainsi que chez les personnes souffrant d'atteintes cérébrales en général. C'est comme
si le cerveau avait perdu la capacité de "retenir" l'information récente.
Les personnes ayant
survécu à une attaque ont aussi souvent une capacité de généralisation amoindrie.
TRANSFERT DES ACQUIS
Dans sa forme la plus
simple, le transfert des acquis est la capacité d'appliquer dans une situation donnée,
ce qui a été appris dans une autre situation. Les personnes qui ont un problème de
transfert des acquis ont de grandes difficultés à transposer ce qu'elles savent d'une
situation à une autre. Elles ont, par exemple, appris à l'hôpital à opérer un
transfert indépendant et sûr d'une chaise roulante à un lit. Et, à l'hôpital, elles
peuvent opérer ce transfert en toute sécurité et sans aide. Mais elles ne seront pas
automatiquement capables de faire ce tranfert quand elles seront chez elles. Un lit et une
chambre différents, la présence de spectateurs, tout peut désorienter les personnes
ayant des problèmes de transfert des acquis.
C'est une des raisons pour
lesquelles beaucoup de programmes de réhabilitation incluent des visites à domicile des
personnels soignants. Cela aide à transposer un apprentissageou une capacité d'un
environnement à un autre. Il est parfois utile de faire une maquette de l'environnement
domestique pour aider ces personnes à préparer leur transfert quand elles sont encore à
l'hôpital, elles peuvent alors apprendre leurs tâches dans un environnement similaire à
celui dans lequel elles seront appelées à les exécuter.
Les personnes ayant subi
une attque et souffrant d'un problème de transfert des acquis sont très sensibles à des
changements mineurs dans leur environnement. C'est pourquoi elles apprécient une routine
quotidienne constante. Elles ont tendance à ne pas aimer les surprises.
Quand des changements dans
la routine sont nécessaires, il est bon de prévenir ces personnes et de discuter avec
elles des événements susceptibles de se produire, ce qui leur permet d'anticiper et de
répéter mentalement des comportements. quand elles sont déplacées d'un environnement
à un autre, c'est une bonne idée que d'établir une routine aussitôt que possible.
Quand un changement
survient, attendez-vous à une détérioration des capacités des personnes souffrant d'un
déficit dans le domaine de transfert des acquis. Si malgré tout, vous établissez
effectivement une routine, elles feront des progrès très rapides. Ces personnes
réagissent aussi souvent au changement en devenant irritables et désorientées. Les
changements les effraient.
Alors qu'il ne vous est
probablement pas possible de "guérir" une personne ayant des problèmes de
mémoire, vous pouvez cependant prendre beaucoup d'initiatives permettant d'améliorer ses
performances. Si une femme a des difficultés à apprendre une tâche nouvelle, comme le
transfert d'une chaise roulante à un lit, elle peut progresser dans l'apprentissage de
cette tâche si les étapes de ce transfert sont écrites simplement sur une feuille de
papier attachée à la chaise roulante. Si elle a des problèmes de langage, vous pouvez
utiliser des images de chaque étape.
Elle peut alors être
formée à contrôler ses instructions lui rappelant les étapes d'un transfert plus
sécurisant. Cela peut aussi l'aider si elle a un problème de transfert des acquis, parce
qu'elle aura un mémento quand elle se trouvera dans un environnement qui ne lui sera pas
familier.
S'il s'agit d'un homme qui
a des difficultés à se souvenir de ses rendez-vous, de son emploi du temps quotidien, du
nom de ses nouveaux amis et même de son adresse et de son numéro de téléphone, il peut
les noter dasn un petit carnet ou un agenda, qu'il portera sur lui. Il peut aussi afficher
son mémento dans la cuisine ou à tout autre endroit bien visible.
Un carnet de rendez-vous
peut devenir une mémoire artificielle. Les carnets standards utilisés si souvent par les
dirigeants, les étudiants, les ménagères, sont devenus un symbole d'organisation
socialement acceptable. Y porter des rendez-vous et des détails comme les heures, les
lieux et les noms des gens concernés aide les personnes souffrant de difficultés de
mémoire à s'orienter dans le changement. Elles peuvent répéter, anticiper et
s'entraîner pour des obligations futures. Elles seront probablement moins sujettes à
être "surprises" quand un changement de routine sera nécessaire.
Si quelqu'un a des
difficultés à apprendre quelque chose de nouveau, essayez d'associer une information
ancienne et familière à ce qui est nouveau. Vous pouvez par exemple aider une femme qui
peine à trouver sa chambre, en mettant sur sa porte une photographie familière et même
sa propre photographie. Un dessus de lit familier, un objet évoquant un souvenir
émouvant sur l'étagère, ou des photographies de famille ou d'amis, peuvent aider à
rendre une chambre moins étrangère.
RESUME
La plupart des personnes
ayant subi une attaque ont des problèmes de mémoire. Vous pouvez souvent améliorer les
capacités mnésiques d'une personne en vous souvenant qu'il faut :
- établir une routine fixe chaque fois que
possible ;
- se cantonner dans des messages simples pour
s'adapter à la capacité de rétention immédiate ;
- présenter les nouvelles informations une
par une ;
- permettre à la personne de finir une
étape avant d'entamer la suivante ;
- indiquer souvent qu'il y a progrès, sinon
la personne peut oublier les "succès" passés ;
- s'exercer dans un environnement qui
ressemble le plus possible à celui dans lequel le comportement aura lieu ;
- utiliser des aides-mémoire, tels que des
agendas, des mots écrits et des emplois du temps chaque fois que possible ;
- utiliser des objets familiers et des
associations d'idées anciennes quand vous enseignerez de nouvelles tâches.
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