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APRES L'ATTAQUE CEREBRALE
(Troisième partie)

Source Fédération Française de Cardiologie

PARALYSIE DU CÔTE GAUCHE

Si le côté gauche est paralysé (hémiplégie gauche), c'est le côté droit du cerveau qui est atteint.

ATTEINTE DU CERVEAU DROIT

Quand une attaque atteint le cerveau droit chez une personne droitière, celle-ci a souvent des difficultés dans des tâches nécessitant la perception spatiale, comme par exemple, l'évaluation d'une distance ou d'un volume, le jugement sur une position, un mouvement ou une forme et l'appréciation du rapport entre les parties et les ensembles.

Les déficiences de perception spatiale sont souvent négligées, notamment à cause de l'accent porté sur la communication et la parole. Les personnes ayant souffert d'une attaque, capables de parler et de comprendre la parole, ne sont souvent pas considérées comme diminuées. Les capacités de perception spatiale sont cependant importantes, et les personnes souffrant d'un déficit dans ce domaine, ont souvent plus de difficultés à apprendre à être autonomes que celles qui souffrent d'un déficit équivalent dans le domaine oral.

Presque tout le monde a éprouvé des perturbations de la perception spatiale, sous l'emprise de la fatigue, ou en pensant à une chose tout en en exécutant une autre. Par exemple, vous avez probablement été surpris à un moment ou à un autre quand, montant un escalier, vous vous attendiez à une marche supplémentaire, alors que, en fait, il n'y en avait plus. Sans doute avez-vous un jour "manqué" le bord de la table en voulant poser votre tasse de café tout en lisant le journal. Ou encore, vous est-il arrivé de froisser l'aile de votre voiture en vous garant trop près d'un obstacle, parceque vous pensiez aux courses à faire. Ce sont toutes des erreurs de perception spatiales.

Les hémiplégiques gauches sont suceptbiles d'avoir tous ces problèmes, en plus d'autres troubles encore plus invalidants. Ces troubles seront probablement plus sévères et plus difficiles à guérir.

Même en se concentrant, les hémiplégiques gauches peuvent ne pas être capables de passer une porte, même large, sans en heurter le cadre avec leur fauteuil roulant. Ils peuvent confondre l'envers et l'endroit des vêtements, ou la droite et la gauche. Il peut leur être difficile de savoir quand elles sont assises, ou debout ou accoudées. Estimer leur distance par rapport à un objet peut être également difficile. Ces personnes peuvent être incapables de lire un journal ou d'additionner une colonne de chiffres, non parce qu'elles ne sauraient pas écrire ou compter, mais parce qu'elles ne savent plus fixer un point sur une page. Elles peuvent oublier de se boutonner ou mettre une chemise à l'envers. Les femmes peuvent se maquiller de travers. Les personnes souffrant même de difficultés mineures de perception spatiale devront s'abstenir de conduire une voiture.

Il est tentant de surestimer les capacités des hémiplégiques gauches. Quand ils ont, de manière inattendue, des problèmes apparemment simples à résoudre dans le soin de leur personne, ils peuvent être accusés injustement de ne pas être coopératifs, motivés, ou d'être trop dépendants, voire confus.

TYPES DE COMPORTEMENT

Le comportement des hémiplégiques gauches peut conduire à surestimer leurs capacités. Tandis que les hémiplégiques droits ont tendance à être lents et prudents, les hémiplégiques gauches ont tendance à être impulsifs et trop rapides. Ils agissent souvent comme s'ils n'étaient pas conscients de leurs déficits. Ils seront par exemple incapables de faire passer une voiture par une porte très large, mais diront : "Avec un embrayage automatique, je pourrais conduire sans problème".

Les hémiplégiques gauches essaient souvent de faire des choses dont ils sont incapables, ce qui peut être dangereux. Ils essaieront de traverser une pièce sans aide, et se retrouveront allongés par terre. Et, ce qui est encore plus dangereux pour eux-mêmes et les autres, ils voudront conduire.

Un hémiplégique gauche est un juge peu fiable de ses capacités et de sa sécurité. Plutôt que de le croire sur parole, demandez-lui de faire la preuve de son adresse avant de le laisser livré à lui-même. Ce n'est pas parce qu'il sera capable de décrire le détail d'une tâche qu'il sera apte à la mener à bien.

A l'instar des hémiplégiques droits qui peuvent entendre les paroles comme des parasites radiophoniques, les hémiplégiques gauches peuvent ressentir une mise en situation de la même manière. Si vous avez des difficultés à apprendre une tâche à un hémiplégique gauche, mettez les mains dans vos poches. En d'autre termes, ne faites pas de gestes. Commentez tout au long de la tâche. Cela peut aider si la personne elle-même commente sa tâche tout en la réalisant. L'habileté verbale peut suppléer une adresse défaillante dans le domaine de la perception spatiale. La personne peut faire mieux en se donnant à elle-même des indications verbales. Ce n'est pas un mauvais signe quand un hémiplégique gauche commente pour lui-même la tâche qu'il est en train d'accomplir.

Les hémiplégiques gauches, tout comme les hémiplégiques droits, ont besoin d'être souvent corrigés quand ils tentent d'apprendre quelque chose de nouveau, mais ils ont besoin d'être corrigés différemment à cause de leurs déficits particuliers. Ils ont besoin d'être encouragés à ralentir et à contrôler soigneusement la réalisation de chaque étape. Ils utiliseront en général mieux les corrections verbales que les hémiplégiques droits.

Les hémiplégiques ont besoin d'être souvent corrigés quand ils tentent d'apprendre quelque chose de neuf.

Au fur et à mesure que l'adresse se développe, réduisez vos corrections. Vous pouvez par exemple, noter un comportement adapté en disant : "Bien " ou "Oui" à la fin d'une étape sur deux, puis d'une étape sur trois et ainsi de suite, jusqu'à ce qu'un nombre réduit d'encouragements soit seulement nécessaire. Souvenez-vous qu'il ne s'agit pas de harceler, mais d'encourager les tentatives et de donner une correction utile sur les progrès réalisés.

La plupart des corrections doivent être positives plutôt que critiques. Le harcèlement n'est pas très productif chez les personnes ayant survécu à une attaque. Elles ont alors tendance à s'irriter, à être bouleversées et à être moins performantes. Le harcèlement décourage l'effort plutôt qu'il ne l'encourage.

Les hémiplégiques ont de grandes difficultés à comprendre les informations visuelles qu'ils reçoivent de leur environnement. Si quelqu'un a un sens défaillant de la verticale, il est souvent utile de la matérialiser clairement avec un cadre de porte ou encore une psyché, par exemple. Une pièce bien éclairée est conseillée, ainsi qu'un environnement simplifié. Une pièce mal éclairée et en désordre, avec une tapisserie aux motifs éclatants, peut induire la distraction et réduire la performance. Des gens ou des objets se déplaçant rapidement aux alentours peuvent aussi aggraver la confusion.

Certains hémiplégiques gauches ont de difficultés à apprendre le "langage du corps". Ils sont incapables de déduire de votre ton, de votre expression et des mots que vous employez, que vous êtes heureux, triste, en colère ou de toute autre humeur. Ces personnes ont parfois aussi des difficultés à exprimer leurs propres mots et leurs propres sentiments. Ces problèmes peuvent ainsi conduire à l'incompréhension et à une communication pauvre.

RESUME

Les hémiplégiques gauches ont une lésion du cerveau droit. Si une personne a des difficultés à prendre soin d'elle-même, il faut s'attendre à des déficits de perception spatiale. Les hémiplégiques gauches ont aussi tendance à faire trop valoir leurs capacités. Ils peuvent être impulsifs et négligents.

En travaillant avec des personnes ayant des déficits de perception spatiale, il faut se souvenir des points suivants :

  • Ne pas surestimer leurs capacités. Ne pas négliger les déficits de perception spatiale.
  • Utiliser les indications verbales si la mise en situation est difficile.
  • Segmenter les tâches en petites étapes et corriger fréquemment.
  • Observer ce qu'elles peuvent faire en toute sécurité, ne pas faire confiance à leur affirmation.
  • Réduire le désordre autours d'elles.
  • Eviter les mouvements rapides autours d'elles.
  • Mettre en évidence des points de référence visuels.

Cliquez ici pour lire la suite (Perte unilatérale de perception  ...).


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Source Fédération Française de Cardiologie
Texte : Docteur France Woimant
Dr. C. Monpere, Dr. A. Pic, Dr. Ph. Sellier
Copyright Fédération Française de Cardiologie
50 rue du Rocher 75008 Paris