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LA TRANSPLANTATION CARDIAQUE


LA TRANSPLANTATION CARDIAQUE

POURQUOI UNE GREFFE DU COEUR ?

Les maladies des valves cardiaques, les anomalies congénitales du coeur, les atteintes des artères coronaires peuvent toutes, à l'heure actuelle, être traitées efficacement par des interventions appropriées. Mais lorsque le muscle lui-même (myocarde) est atteint et a perdu définitivement sa force de contraction, il n'est d'autre solution que de remplacer le coeur malade par un coeur sain : c'est le but de la greffe ou transplantation cardiaque.

Cette intervention, qu'il ne faut pas "banaliser" car elle est complexe, est néanmoins devenue une opération courante, pratiquée dans plus de vingt centres chirurgicaux en France. Ses résultats sont en constante amélioration, grâce notamment aux progrès des techniques chirurgicales, à une plus grande efficacité du traitement anti-rejet, à la minutie dans la surveillance médicale et biologique des greffes du coeur, à la sélection des receveurs, à l'organisation rationnelle du prélèvement des greffons pour leur implantation.

Structure du coeur - Source Fédération Française de Cardiologie
LES SUITES DE LA TRANSPLANTATION

SOUTENIR LE GREFFON

Le greffon doit récupérer sa vitalité et s'adapter à la circulation du receveur. Pendant les premières heures et les premiers jours, l'administration de "toniques" l'aidera à retrouver rapidement toutes ses possibilités.

LES CRISES DE "REJET"

L'organisme se comporte envers le greffon cardiaque comme il le fait envers tout corps étrnager : il tente de le détruire et de le rejeter. Le système immunitaire du receveur déclenche une "réaction de refus" de l'organe greffé dont les cellules ne sont pas compatibles.
Le rejet se produit par "crises", avec des dates préférentielles : le huitième jour, la fin du premier mois et, d'une façon variable, pendant la première année. Ultérieurement, les crises semblent diminuer d'intensité et de fréquence, comme si une certaine tolérance s'installait entre le greffon et son hôte.

DEPISTER LE REJET"

La détection du rejet demande des examens répétés : cliniques, électrocardiographiques, échographiques, biologiques et sanguins spécialisés. C'est surtout le prélèvement périodique d'un fragment de tissu du coeur transplanté qui permet de dépister précocement la réaction de rejet : c'est ce qu'on appelle la "biopsie". Le tissu ainsi prélevé et analysé peut révéler une infiltration de lymphocytes (petits globules blancs) dans le muscle cardiaque (myocarde) et la présence de microthrombus (petits caillots) dans les capillaires.
En effet, la réaction immunitaire, à l'origine du rejet, s'exprime par une production de plus en plus importante de lymphocytes qui envahissent le tissu du coeur greffé, détruisent les cellules contractiles du myocarde, infiltrent les fibres des parties vitales du coeur et en perturbent les fonctions essentielles jusqu'à sa défaillance (insuffisance cardiaque).

LE TRAITEMENT IMMUNODEPRESSEUR

Pour lutter contre le phénomène de rejet, il est nécessaire de mettre en oeuvre immédiatement un traitement dit "immunodépresseur" combinant plusieurs médicaments anti-rejet : cortisone, imurel, ciclosporine.
La cortisone, anti-inflammatoire connu, agit sur les systèmes de défense de notre organisme contre toute agression.
L'imurel fait baisser le taux de globules blancs.
La ciclosporine est le médicament majeur du traitement. Elle agit sur une population très spécifique de globules blancs : les lymphocytes T. Elle n'atteint pas les autres, ce qui sauvegarde les défenses de l'organisme.

EVITER LES INFECTIONS

L'emploi d'un traitement immunodépresseur affaiblit la défense de l'organisme contre les infections. Il est nécessaire, pour éviter ces infections, de respecter de strictes consignes d'isolement pendant environ trois semaines, et de rechercher quotidiennement et minutieusement la possibilité de foyers infectieux.

A LA SORTIE DE L'HOPITAL

Une surveillance régulière est instaurée, par la transmission immédiate de tout fait inhabituel au centre de transplantation, et par un examen complet une fois par semaine pendant les quatre premiers mois, ensuite une fois tous les quinze jours pendant la première année et une fois toutes les trois semaines ou tous les mois les années suivantes.

EN ATTENTE DE LA TRANSPLANTATION

PROGRAMMATION DE LA GREFFE

L'indication d'une greffe doit être programmée avant que la défaillance cardiaque n'entraîne celle d'autres organes vitaux. Ainsi l'indication d'une greffe peut être posée de un mois à un an avant la réalisation effective de l'intervention. Mais elle peut aussi être programmée en urgence chez un malade en attente dont l'état s'est soudainement aggravé.

CONSEILS AUX FUTURS TRANSPLANTES

Une personne en attente de transplantation doit s'attendre à être appelée à tout moment, sans qu'on puisse lui préciser la date de l'appel. Lorsque celui-ci a lieu, elle doit pouvoir matériellement rejoindre le service de chirurgie cardiovasculaire dans les trois heures maximum. Le respect de ce délai est capital. Il implique que ses affaires soient prêtes et qu'elle ait prévu l'organisation du transport en ambulance ou par tout autre moyen direct et rapide.
Afin de ne pas manquer l'appel, le futur transplanté doit avertir systématiquement le service de tout changement d'adresse et de numéro téléphone, même pour un court délai, ainsi que de ses départs en vacances si cela lui est autorisé.

Disposer d'un téléphone portable en permanence sur soi peut être utile. N'oubliez pas d'en communiquer le numéro au service où doit avoir lieu l'intervention. L'important est que l'on puisse vous joindre à tout moment.

APRES LA TRANSPLANTATION

LES REGLES A RESPECTER

Suivez scrupuleusement votre traitement et ... surtout ... ne fumez pas ... ne fmuez plus jamais.
Les prescriptions ne devront pas être modifiées sans l'avis du médecin. Tout médicament, même anodin, peut interférer sur les résultats des examens et sur les symptômes ressentis.

SURVEILLER LES EFFETS SECONDAIRES DES IMMUNODEPRESSEURS

Les corticoïdes (cortisone) ont tendance à empêcher l'élimination du sel, donc de l'eau. C'est pourquoi un régime sans sel doit être suivi, tout particulièrement pendant le traitement anti-rejet au cours duquel la dose de corticoïdes est augmentée.
Ils peuvent accentuer une décalcification, surtout au niveau de la colonne vertébrale entraînant des douleurs dorsales et lombaires. Une activité physique est nécessaire pour renforcer les muscles : marche, bicyclette, natation, gymnastique ...
Les corticoïdes augmentent l'appétit et perturbent la transformation harmonieuse des graisses absorbées. Leurs dépôts risquent de léser les vaisseaux du nouveau coeur, surtout chez les patients prédisposés par leur pathologie antérieure (coronariens). D'ou l'importance du régime hygiéno-alimentaire et la lutte contre la prise de poids qui fatiguerait inutilement le coeur.
L'imurel interdit toute association d'un autre médicament ayant les mêmes effets. Le transplanté doit donc informer le service où a eu lieu son intervention de tous traitements éventuels prescrits par un médecin, un dentiste, etc.
La ciclosporine doit être prise selon des horaires à respecter impérativement. S'il s'agit de la solution buvable, elle sera diluée dans du lait ou du jus d'orange, mais en aucun cas dans de l'eau. S'il s'agit de la forme capsule, le liquide est indifférent.

Le traitement ne sera en aucun moment arrêté sauf en cas de recommandation de l'équipe hospitalière. Ses effets secondaires ne sont pas négligeables :

  • Insuffisance rénale : l'urée et la créatine dans le sang et dans les urines doivent être surveillées.

  • Gonflement des gencives : peut être combattu par l'utilisation d'un jet pour le lavage des dents et par le respect d'une hygiène bucco-dentaire stricte (brossage de trois minutes trois fois par jour).

  • Pousse exagérée des poils : cette gêne esthètique, surtout pour les femmes, s'arrange avec le temps. En attendant, des soins esthétiques permettent de la masquer.


UNE ALIMENTATION ADAPTEE ET EQUILIBREE.

Le régime alimentaire est établi en fonction du traitement à base de corticoïdes, pour permettre une normalisation du poids et des constantes sanguines, et pour éviter toute rétention éventuelle d'eau. Son principe est basé sur :

  • La suppression du sel de table et de cuisine, ainsi que des aliments riches en sel ou industriellement salés. Un régime moins stricte pourra être éventuellement prescrit à la sortie de l'hôpital.

  • La suppression du sucre et des produits sucrés, afin d'éviter une prise de poids fâcheuse ou l'apparition du diabète.

  • La limitation de la consommation de graisses animales et une alimentation riche en graisses végétales.


L'équilibre alimentaire est respecté avec trois repas par jour, et chaque repas est constitué de :

  • Protides : viande, ou poisson, ou oeufs, ou abats.

  • Lipides végétaux : margarine ou huile de tournesol (ou huile de maïs, d'olive, de pépins, de raisin, de soja ou de colza).

  • Glucides : du pain, des féculents et un fruit.

  • Calcium : un produit laitier (fromage sans sel ou laitage).

  • Fibres : des légumes verts crus ou cuits.


Les aliments à éviter :

  • Le sucre en morceau et en poudre, les produits sucrés : bonbons, chocolat, confiture, gelée, miel, caramel, nougat, fruits confits, fruits au sirop, pâtes de fruits, gâteaux secs, pâtisseries, croissanteries, viennoiseries, fruits secs, laitages aux fruits, crèmes desserts, glaces, lait concentré sucré, juts de fruits, sodas ...

  • Le sel de table et de cuisine, les aliments riches en sel : fromages, charcuteries, jambon, viandes et poissons en conserve, fumés, salés, séchés, poissons panés, coquillages, pain et biscottes ordinaires, chips, flocons pour purée, pâtes fourées, pâtisseries salées, légumes verts en conserve, eaux gazeuses (sauf Perrier et Vitelloise), sauces et vinaigrettes du commerce, potages en sachet et en boîte, plats cuisinés du traiteur, surgelés et en conserve, moutarde, cornichons, olives...

  • Le beurre, la crème fraîche, le saindoux, la végétaline.


COMMENT SE PROTEGER DES INFECTIONS ?

Le traitement du transplanté cardiaque diminue ses globules blancs, donc ses défenses naturelles, et le prédispose aux infections. Il doit par conséquent se protéger des contaminations possibles par un certain nombre de mesures :

  • Contre ses propres germes : toilette du corps à la bétadine lors de séjours hospitaliers et scrupuleuse à la maison, désinfection soigneuse de toute blessure, couverture antibiotique et soins locaux à la moindre intervention ou à l'occasion de soins dentaires, lavage des mains (avant les repas, après le passage aux toilettes, après manipulation de tous objets malpropres, après avoir séjourné dans un lieu public ...), soins des ongles et des orteils (notamment après une longue marche ou toute autre cause de transpiration).

  • Contre les germes des autres : éviter les foules, surtout en milieu mal aéré (métro par exemple), les contacts avec des personnes fébriles ou grippées, avec des enfants contagieux ou risquant de l'être (en particulier ceux atteints de varicelle). Pour diminuer les risques de contagion par voie orale, il est recommandé de porter une bavette pendant les séjours hospitaliers et dans les endroits mal aérés et peuplés.

 
Le contenu de l'article ci-dessus a été reproduit avec l'aimable autorisation de la Fédération Française de Cardiologie. La Fédération Française de Cardiologie (F.F.C.) est reconnue d’utilité publique depuis 1977. Elle rassemble 27 Associations Régionales créées et animées par des cardiologues.
 

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